La relance par les banques

Delphine Halgand

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Priorité aux banques. Face à la crise, la Grande-Bretagne a d'abord recapitalisé ses banques avant d'annoncer son plan de relance, estimant que le ralentissement économique était principalement lié à celui des crédits.

Depuis octobre 2008, le Trésor britannique a recapitalisé les grandes banques du pays, ce qui a débouché sur une nationalisation partielle de la Royal Bank of Scotland (RBS) et de la Lloyds.

"En janvier, le gouvernement a annoncé le lancement d'un programme de rachat d'actifs (Asset Purchase Facility) qui permet à la BoE de racheter jusqu'à 50 milliards de livres d'actifs privés de qualité; ces rachats seront financés par l'émission de bons du Trésor", explique Raymond Van der Putten de BNP PARIBAS.

Puis, le chancelier de l'Echiquier Alistair Darling a autorisé la Banque d'Angleterre à racheter des actifs à concurrence de 150 milliards de livres. "Cette somme représente près de 10% du PIB", souligne l'économiste. L'objectif est clair: augmenter la masse monétaire et encourager les banques à prêter aux ménages et aux entreprises. La Banque d'Angleterre qui a abaissé son principal taux directeur à 0,5% compte bien y aider.

Au-delà des banques, le gouvernement de Gordon Brown a annoncé le 24 novembre dernier un plan de relance budgétaire chiffré à 20 milliards de livres. La réduction de la TVA de 17,5% à 15% jusqu'en 31 décembre 2009 en a été la mesure principale. Le coût de cette mesure a été évaluée à 12,5 milliards de livres.

Ces coups de pouce à l'économie coûtent chers. Néanmoins, le Premier ministre Gordon Brown semble tenter de mettre en place un nouveau plan de relance budgétaire, mais le gouverneur de la Banque d'Angleterre et le chancelier de l'Echiquier l'en ont pour l'instant dissuadé au regard de la traditionnelle sagesse budgétaire britannique. Mais l'ampleur de la récession qui touche actuellement le pays va certainement les contraindre à quelques entorses à la doctrine de modération en la matière.