Quand un patron de hedge fund critique les banquiers

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 La guerre des classes sévit aussi dans la haute finance. La preuve? Une lettre    d’adieu écrite ces derniers jours par le patron de l’un des hedge funds les    plus profitables de Californie  et publiée ce week end par le Financial    Times

 Connu pour avoir réalisé des profits parmi les plus juteux de ces dernières    années en jouant à la baisse à la fois les institutions du secteur financier    et le marché immobilier, Andrew Lahde, fondateur du fonds Lahde Capital,    s’en prend dans sa missive aux "idiots"  qui dirigent les grandes banques    américaines et qui ont osé parier contre lui en prenant des positions    symétriques. Avec des accents fleurant bon la revanche sociale, Lahde se    lâche contre  cette "aristocratie assez riche pour offrir à ses enfants des    études de première classe".  

 Obséquiosité 

 Fort des dizaines de millions de dollars qu’il a empochés pendant la crise des    subprimes, qu’il avait prévue plus tôt que ses concurrents, il se moque    ensuite de ces "imbéciles" dont les parent ont "payé l’école, puis Yale puis    le MBA  à Harvard".  "Ces gens sont le plus souvent indignes de l’éducation    qu’ils ont reçue (enfin qu’ils sont supposés avoir reçue) mais ça ne les a    pas empêchés de grimper jusqu’à la tête de AIG, Bear Sterns, Lehman    Brothers, ou même du gouvernement. Toute l’obséquiosité qui entoure cette    aristocratie m’a aidé à trouver des gens assez stupides pour parier avec    moi. Dieu bénisse l’Amérique."  

 Joignant le cynisme à l’insulte, il poursuit: "J’ai fait ça pour l’argent mais    maintenant je m’en vais. Je laisse à d’autres le plaisir d’amasser des    fortunes à 10 ou 11 chiffres". Lahde, dont l’un des fonds avait réalisé des    profits de 870 % en 2007, a terminé  sur un conseil aux banquiers et    aux patrons: "Jetez votre blackberry et profitez de la vie!"