Emmanuel Saez, un économiste français sacré aux Etats-Unis

Delphine Halgand

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L'économiste français Emmanuel Saez s'est vu décerné la médaille John Bates Clark 2009 par l'American Economic Association (AEA), l'équivalent de la médaille Fields en mathématiques.

Cette distinction est remise tous les deux ans depuis 1947 "à l'économiste américain âgé de moins de 40 ans qui a le plus contribué à la pensée et à la connaissance économiques". Le Français a pu recevoir cette médaille car il est membre de l'AEA, comme l'explique le blog Ceteris Paribus.

Emmanuel Saez, aujourd'hui professeur d'économie publique à la prestigieuse université de Berkeley, est ainsi le premier Français à recevoir cette médaille. Milton Friedman, Joseph Stiglitz ou encore Paul Krugman ont eu avant lui cet honneur.

L'AEA souligne l'importance de ses contributions à la théorie de l'impôt optimal prenant en compte le fait que la taxation peut décourager le travail. "Son travail a éclairé utilement des questions telles que le taux d'imposition marginal approprié aux contribuables à hauts revenus, la structure des programmes de transferts de revenus, le traitement du revenu du capital et l'imposition des couples mariés", explique l'association.

Retrouvez tous les papiers d'Emmanuel Saez sur sa page.

L'une des plus importantes contributions d'Emmanuel Saez porte sur les évolutions des inégalités à long terme aux Etats-Unis et dans d'autres pays, comme le Canada, le Japon, l'Espagne et la Suisse. Les travaux d'Emmanuel Saez et de Thomas Piketty ont montré que "les inégalités de revenus se sont considérablement accrues aux Etats-Unis depuis le début des années 80; que ceci est dû à la croissance extrêmement rapide des revenus d’une petite fraction de ménages (1%) dans le haut de la distribution des revenus, et que ces revenus sont essentiellement des revenus d’activité", comme le décrit Camille sur le blog Ecopublix.

Par ailleurs, l'économiste a démontré que "la mobilité des individus au sein de la pyramide des revenus aux Etats-Unis avait été incroyablement stable au cours du 20ème siècle et sensiblement plus faible que ce que l’on avait l’habitude de penser, écornant au passage le stéréotype des Etats-Unis 'Land of Opportunity' ("le pays de tous les possibles", ndlr)", rapporte Camille sur le blog économique.