Natixis: 1,8 milliard de perte

AFP

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La banque Natixis, filiale commune des groupes Banque Populaire et Caisse d'Epargne, a enregistré au premier trimestre une très lourde perte de 1,839 milliard d'euros et annoncé l'injection de 3,5 milliards d'euros par ses deux grands actionnaires. Ces deux actionnaires, Caisse d'Epargne et Banque Populaire, vont verser 1,5 milliard d'euros sous forme d'avance et 2 milliards sous forme de titres de dette, selon un communiqué publié mercredi. L'avance n'a pas de terme défini, "ce qui ne veut pas dire qu'elle n'a pas de caractère remboursable", a expliqué le directeur financier André-Jean Olivier, lors d'une conférence téléphonique.

Quant aux deux milliards de titres de dette, ils sont "le miroir des concours apportés par l'Etat à nos organes centraux", soit la Banque Populaire et la Caisse d'Epargne, qui vont bénéficier d'un apport de l'Etat de cinq milliards d'euros dans le cadre de leur fusion, selon M. Olivier. "Grâce à cet apport de capital, Natixis restera doté d'une structure en capital solide", a déclaré le directeur général par intérim Jean-Marc Moriani, qui doit être remplacé jeudi par Laurent Mignon. "Ce soutien nous permet de faire face aux pertes de la structure de cantonnement", a-t-il ajouté.

Cette structure de cantonnement est constituée d'un portefeuille d'actifs illiquides (qui ne peuvent être vendus faute de marché, ndlr), d'une valeur de 33,7 milliards d'euros. Ces actifs ont été isolés du reste de la banque et seront gérés jusqu'à leur extinction. A lui seul, ce portefeuille est responsable de l'essentiel de la perte de Natixis ce trimestre, qui est plus de trois fois supérieure aux attentes des analystes, lesquels tablaient sur une perte de 518 millions d'euros, selon le consensus réalisé par Dow Jones Newswires. La structure de cantonnement a ainsi dégagé, à elle seule, une perte de 1,876 milliard d'euros.

M. Moriani a admis que la possibilité d'une nouvelle dégradation des actifs de la structure de cantonnement n'était pas à écarter. "Il est prématuré de dire que le marché à touché son point bas et comme les actifs que nous avons sont sensibles au marché, de nouvelles dépréciations ne sont pas exclues", a-t-il expliqué. Il s'agit du quatrième trimestre consécutif de déficit pour la banque, qui avait déjà perdu 2,8 milliards d'euros en 2008.

Ces pertes avaient entraîné les comptes de ses deux maisons-mères, Caisse d'Epargne et Banque Populaire, dans le rouge en 2008 et contribué à l'accélération de leur rapprochement, qui devrait être finalisé à l'été. Futur patron du nouvel ensemble, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol, a déjà pris la présidence du conseil d'administration de Natixis.

L'enchaînement des pertes avait nettement réduit les fonds propres de Natixis, son ratio de fonds propres affichant le faible niveau de 6,9% à la fin du premier trimestre. Mais l'apport de ses deux grands actionnaires et la cession de sa participation dans la société de conservation de titres Caceis vont lui permettre de retrouver un ratio de 9,4%, relativement élevé. "Un ratio au-dessus de 9% nous paraît suffisant", a déclaré M. Moriani.