"Le sommet de Londres n'a pas été un flop"

Delphine Halgand

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"Le sommet de Londres n'a pas été, malgré tout, un flop", affirme d'entrée de jeu le Financial Times. Le quotidien économique britannique parle même d'"un substantiel succès". "Désormais les historiens se souviendront du sommet comme le moment où le monde en pleine souffrance économique et en plein bouleversement géopolitique a jeté un premier et douloureux regard dans le miroir", estime le journaliste Philip Stephens pour qui "cela prendra plus d'un ou trois sommets pour mettre en place un nouvel ordre mondial. Mais affronter son reflet dans le miroir est un bon début pour les dirigeants".

Le quotidien britannique ne s'attendait pas à l'injection massive de fonds aux institutions financières internationales. "Les chiffres sont bien plus élevés que ce que pouvaient espérer les optimistes", écrit Philip Stephens. Heike Göbel du Frankfurter Allgemeine Zeitung considère pour sa part que le FMI a profité du conflit entre ceux qui prônaient une relance budgétaire (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Japon) et ceux qui plaçaient comme priorité la régulation financière (Allemagne et France). "Quand deux personnes se disputent, il y a souvent une troisième qui se réjouit. A Londres, c'était le FMI", estime le quotidien économique allemand pour qui le FMI devient ainsi "une puissante machine à crédit". "Pour les participants au sommet comme la chancelière (Angela Merkel, ndlr) cette solution a un charme: elle est facilement vendable dans son pays. On ne refuse pas, par le biais du FMI et de la Banque Mondiale, d'aider les pauvres", explique Heike Göbel qui s'inquiète tout particulièrement du fait que le FMI apportera désormais son aide aux pays qui le demandent sans obligation économique et politique. "Personne n'a de contrôle pour surveiller que l'argent soit utilisé utilement".

Le Wall Street Journal note pour sa part que "des âmes prudentes ont inséré dans le grandiloquent communiqué une note nécessaire de modération". Caché au milieu du communiqué, il y a un paragraphe sur "les stratégies de sortie" pour assurer la "stabilité des prix". C'est rassurant", explique le quotidien financier américain. Le WSJ voit une autre porte de sortie possible: "la plupart des engagements pris lors du sommet devront être mis en œuvre non pas par un participant mais par 20 ou plus nations souveraines. Dans d'autres mots, ne retenez pas votre souffle en attendant que le nouveau forum de stabilité financière de Nicolas Sarkozy écrive de nouvelles règles de régulation. (…) Cela peut prendre un moment". Le chemin à parcourir est encore long.