La Société Générale ne fait pas aussi bien que prévu

E.M. avec AFP

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La Société Générale a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net plus que doublé (+132%) mais inférieur aux attentes, à 426 millions d'euros, marqué par des provisions toujours élevées et le retour aux bénéfices des activités de marché, selon un communiqué publié mercredi.

Ce résultat est inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 524 millions d'euros, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires. La banque pâtit d'une forte augmentation du coût net du risque (principalement des provisions pour impayés), qui bondit de 40% par rapport au deuxième trimestre, à 1,5 milliard d'euros.

Une progression pour partie liée à une provision sur un portefeuille de CDO de RMBS américains, des titres financiers complexes adossés à des actifs immobiliers résidentiels américains.

Outre cette provision, la Société Générale a connu une légère hausse des impayés sur la banque de détail à l'international, même s'ils se stabilisent en Russie qui avait subi une très forte dégradation depuis le début de la crise.

Autre foyer d'impayés, les services financiers et notamment le crédit à la consommation. La Société Générale a néanmoins pu s'appuyer sur le retour aux bénéfices de ses activités de marché, avec un bénéfice de 133 millions d'euros.

Fin d'une période difficile

La banque de financement et d'investissement rompt là avec une période difficile, qui l'avait vu enregistrer des pertes lors de quatre des cinq derniers trimestres.

L'établissement de La Défense a également pu compter sur la bonne résistance de la banque de détail en France marquée, entre autre, par une amélioration des marges et une stabilisation des commissions.

Dans l'Hexagone, la banque a gagné 48.700 clients nouveaux. Elle a confirmé le relèvement de son objectif de croissance annuelle en banque de détail en France, qui a été porté de 1% à 2%.

Comme annoncé, le groupe a également bénéficié d'une réduction de l'impact d'éléments comptables exceptionnels, qui avaient fortement dégradé le résultat des deux premiers trimestres de l'année. Il s'agit essentiellement de l'appréciation d'instruments de couverture (CDS) et de la dette de la banque, ainsi que d'une dégradation de la valeur des actifs à risque.

Après avoir déjà cédé pour 3,8 milliards d'euros d'actifs à risque au premier semestre, la Société Générale en a encore vendu pour 1,7 milliard durant le troisième trimestre.

Au cours de la période, l'établissement a très nettement renforcé sa situation financière, portant son ratio de fonds propres réglementaire dit "Tier One" (fonds propres rapportés aux engagements de la banque) de 9,5% à 10,4%.

En intégrant l'augmentation de capital de 4,8 milliards d'euros réalisée courant octobre, le remboursement des apports de l'Etat (3,4 milliards EUR), le rachat de 20% du Crédit du Nord (discussions en cours avec Dexia) et une émission obligataire d'un milliard de dollars, le ratio atteint même 10,8%.