Rio Tinto est accusé d'espionnage par la Chine

A.-C.B avec AFP

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Un responsable chinois, qui a fait sensation en accusant le groupe minier australien Rio Tinto d'avoir causé plus de 100 milliards de dollars de pertes en espionnant en Chine, a affirmé ce lundi 10 août ne pas disposer d'informations nouvelles, ayant pour source les médias d'Etat.

"Cela représentait un point de vue personnel, je ne représente aucune organisation ou institution", a déclaré à l'AFP Ruqin Jiang. Ce dernier est un ancien responsable du Bureau des secrets d'Etat de la province du Jiangsu. Dépendant du Comité central du Parti communiste, il est responsable de la protection des secrets d'Etat pour les organisations du Parti et du gouvernement.

Espionnage

Durant le week-end, le site internet du Bureau, baomi.org, avait publié un article de Ruqin Jiang, accusant Rio Tinto d'avoir espionné pendant six ans le secteur sidérurgique chinois, provoquant 700 milliards de yuans de pertes.

Ce chiffre a été tiré d'un éditorial publié le 27 juillet par le Quotidien de la jeunesse de Chine, a-t-il dit aujourd'hui.

Selon le journal, ce chiffre représentait les profits excessifs réalisés depuis 2004 en Chine par les producteurs de minerai de fer Rio Tinto, BHP Billiton et Vale.

Début juillet, les autorités chinoises avaient arrêté Stern Hu, directeur du bureau de Shanghaï de Rio Tinto et 3 autres employés du groupe minier pour corruption et espionnage.

Selon certains médias chinois, Rio Tinto aurait corrompu des responsables des 16 grands aciéristes chinois impliqués dans les négociations sur le prix du minerai de fer.

"Le grand nombre de données et d'informations sur le secteur sidérurgique chinois trouvées dans les ordinateurs de Rio Tinto et les dommages importants aux intérêts et à la sécurité économique du pays sont évidents", expliquait dans son texte Ruqin Jiang. Aujourd'hui, le texte n'est plus disponible sur le site internet.

Cours en baisse

Les accusations de Ruqin Jiang ont affecté le cours de Rio Tinto en Australie, son cours baissant de 3,33%, certains craignant que la Chine ait décidé de frapper un grand coup.

Cependant, le ministre australien des Affaires étrangères Stephen Smith avait minimisé la portée de cette publication: "Ces accusations ne sont pas nouvelles", a déclaré une porte-parole de Stephen Smith, ajoutant: "Le gouvernement a toujours dit que le dossier Stern Hu était complexe et comprenait des accusations graves".

Après l'arrestation de ses employés, Rio Tinto avait qualifié ces accusations de "totalement sans fondement".