Des Russes réclament la nationalisation d'Avtovaz

J. Bx avec AFP

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Quelque 600 personnes se sont rassemblées jeudi à Togliatti, à 1.000 km au sud-est de Moscou, pour protester contre la suspension de la production du constructeur automobile Avtovaz et réclamer la nationalisation de l'usine, a constaté jeudi 6 août une journaliste de l'AFP.

Les manifestants, parmi lesquelles figuraient des personnes venues de Moscou, brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Une vraie aide pour Vaz" (diminutif du nom du groupe) ou encore "Le contrôle aux ouvriers!". Le chef du syndicat indépendant de l'Unité à Togliatti, Piotr Zolotariov, a réclamé dans un discours "la nationalisation de l'usine", "le contrôle des ouvriers sur la direction et le droit d'annuler les décisions" de celle-ci. Il a aussi indiqué avoir envoyé une lettre au gouvernement avec ces exigences.

"Nous sommes inquiets pour le destin de la ville et de l'usine", a déclaré Rita, 50 ans, interrogée par l'AFP. Pour Anatoli, 55 ans, la cause principale est "la mauvaise gestion des managers actuels". "Il faut comprendre qu'on ne résout pas de tels problèmes dans la rue", a déclaré Sergueï Naoumov, un vice-président d'Avtovaz, en charge des ressources humaines, lors d'une conférence de presse tenue dans l'usine après le rassemblement.

Grandes difficultés

"Il y a actuellement de grandes difficultés chez Vaz", a de son côté reconnu Vladislav Kapoustine, ministre de l'Industrie et de l'Energie de la région de Samara, où se trouve Togliatti.

Mais la direction d'Avtovaz a réussi à ne licencier personne, a-t-il souligné. Le groupe a démenti le 28 juillet avoir l'intention de supprimer 27.691 emplois, comme l'avaient auparavant affirmé des sources proches du groupe citées par l'agence Interfax.

Principal constructeur russe, Avtovaz, dont le groupe français Renault détient 25% du capital, a suspendu pour un mois la production de son usine à Togliatti, sur les bords de la Volga, afin de diminuer le stock de voitures invendues. Au cours de cette période, les salariés doivent percevoir deux tiers de leur salaire. Ensuite, de septembre à février, la semaine de travail sera réduite à 20 heures, la paye étant réduite en conséquence.