EDF coincé aux Etats-Unis

JJ avec agence

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Le rapprochement entre EDF et Constellation Energy, qui doit permettre au français de participer à la relance du nucléaire aux Etats-Unis, prend du retard. La justice américaine a en effet déclaré qu'elle refuse d'étudier l'appel de Constellation Energy sur le dossier EDF

Mi-décembre, EDF avait acquis environ la moitié des activités nucléaires de Constellation Energy pour 4,5 milliards de dollars, alors convoité par l'investisseur Warren Buffett. L'opération devait être conclue au troisième trimestre. Mais ce projet a été bloqué à la mi-juin par les autorités de l'Etat du Maryland, d'où est originaire Constellation Energy.

Les autorités locales veulent déterminer si le projet avec le groupe français "est dans l'intérêt public", face à une éventuelle "influence substantielle" que pourrait exercer EDF dans sa gestion, avait à l'époque expliqué le gouverneur de l'Etat Martin O'Malley.

Déception

Constellation avait alors réagi avec une double approche: en lançant une action en justice, qui vient d'échouer, et en engageant les démarches pour obtenir l'approbation préalable de l'Etat à son projet avec EDF. "Cet investissement d'EDF est soumis à un calendrier très strict", rappelle la société dans un communiqué de presse, tout en affirmant sa déception quant à la décision prise par le juge.

Le groupe américain a souligné que le tribunal ne s'était pas prononcé sur le fond du dossier mais qu'il avait seulement jugé son initiative prématurée. L'appel, a-t-il relevé, pourra être étudié une fois que la Commission chargée de donner l'autorisation administrative se sera prononcée.

4.000 emplois

Le rapprochement avec EDF doit permettre à Constellation Energy d'aller de l'avant avec son projet de construction d'un nouveau réacteur nucléaire, de technologie française EPR, sur son site de Calvert Cliffs (Maryland).

"Il serait irréaliste de penser que Constellation Energy puisse lever le capital nécessaire pour un projet de cette magnitude (...) si le sentiment persiste que l'environnement économique, réglementaire et politique est hostile à de telles transactions", a souligné le groupe américain. Le projet de Calvert Cliffs va permettre d'employer 4.000 personnes pendant la phase de construction et 400 pendant la phase d'exploitation.

La construction du nouveau réacteur a déjà obtenu le feu vert de plusieurs autorités fédérales pour ce projet, avant de buter sur la procédure déclenchée par le Maryland.