Affaire Madoff: l'AMF contrôle plusieurs établissements

JJ avec agence

— 

L'affaire Madoff, suites... en France. Après la condamnation de l'investisseur, l'Autorité des marchés financiers mène des contrôles "assez importants" sur plusieurs établissements financiers qui ont pu commercialiser des produits Madoff, a indiqué jeudi son président. "Il y a déjà un certain nombre de contrôles lancés par l'AMF vis-à-vis d'établissements ou de sociétés de gestion qui ont pu commercialiser ce type de produit", a déclaré Jean-Pierre Jouyet, au cours d'un entretien accordé à la chaîne France 24.

Le président du gendarme boursier français a jugé ces contrôles "assez importants", précisant qu'il ne pouvait en donner les résultats. L'escroquerie du financier new-yorkais Bernard Madoff aurait fait entre 3.000 et 5.000 victimes en France, où une instruction judiciaire a été ouverte. Les sommes en jeu, pour la plupart investies dans le fonds luxembourgeois Luxalpha, seraient d'environ 500 millions d'euros, selon l'AMF.

Madoff a englouti les économies de centaines d'investisseurs professionnels et particuliers de par le monde, dans le plus grand scandale financier de l'histoire.

Moyens

M. Jouyet a plaidé pour avoir "des moyens qui soient à la hauteur de ces enjeux". "On ne peut pas appeler à un renforcement de la régulation (...) et dans le même temps ne pas donner des moyens suffisants de contrôle, ce qui ne veut pas dire augmenter les dépenses", mais "mieux organiser les contôles et les moyens", a-t-il expliqué. Selon M. Jouyet, Madoff a mis en lumière "une sorte d'exception financière" en Europe.

"Quand vous avez un problème sur votre automobile vous savez à peu près qui est responsable (...). Dans le domaine financier vous ne savez pas qui est le responsable et vous ne savez pas, quand les produits traversent la frontière, à qui vous adresser lorsque vous êtes victime d'une escroquerie", a-t-il dit. Le président de l'AMF a rappelé sa volonté de renforcer les contrôles dans la commercialisation des produits financiers.

"Ce que nous commençons à dire c'est de faire attention à certaines campagnes (...) qui indiquent que tel ou tel produits offre tels ou tels rendements qui apparaissent parfois un peu mirifique", a-t-il prévenu.