La mystérieuse envolée de Volkswagen en Bourse

E24 avec AFP

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La Bourse touche le fond, Volkswagen crève le plafond. Le constructeur allemand avance totalement à rebours d'un marché à la limite du krach, son action atteignant cette semaine un record historique le 7 octobre en milieu de journée à 452 €. Elle a finalement clôturé vendredi 10 octobre en hausse de 15,2% à 342€. Avec une capitalisation de plus de 90 milliards d'euros, le groupe de Wolfsburg a même détrôné le numéro un mondial de l'automobile en terme de capitalisation boursière, le japonais Toyota (80 milliards environ). Un niveau qui étonne plus d'un observateur.

Certes, Volkswagen (VW) s'en sort mieux que bon nombre de ses homologues, avec des ventes qui devraient atteindre un nouveau record cette année. Mais le marasme économique devrait toucher le constructeur en 2009, année annoncée comme "difficile" par son patron Bernd Pischetsrieder. Des perspectives qui n'ont donc rien pour exciter les traders.

L'explication est donc à chercher ailleurs. D'abord, Volkswagen est en passe d'être racheté par son compatriote Porsche, qui détient déjà plus de 35% du capital et ambitionne de dépasser le seuil de 50% d'ici le 30 novembre. A cette fin, Porsche a sous-traité l'achat des titres aux banques. Celles-ci auraient attendu le dernier moment pour acheter au meilleur prix, tablant sur une baisse du cours. Mauvais calcul. Et l'échéance s'approchant, elles n'ont d'autre choix maintenant que d'acheter massivement des titres. Un phénomène qui contribuerait à tirer le cours vers le haut.

Autre hypothèse envisagée: des fonds spéculatifs ont vendu par le passé des actions Volkswagen qu'ils n'avaient pas encore (principe de la vente à découvert), misant eux aussi sur une baisse des cours. Ils se trouveraient aujourd'hui obligés d'acheter ces titres pour ne pas perdre encore plus d'argent.

Banques, fonds spéculatifs… au final, de l'aveu même des spécialistes, "personne ne sait qui détient des positions, qui sont les fonds spéculatifs, qui achète ou vend pour Porsche... On ne sait pas combien de personnes sont embarquées sur ce bateau", selon Albrecht Denninghoff, analyste de BHF-Bank. Ajoutant: "Il n'y pas de transparence sur les marchés. A partir de là, tout est possible".

Certains soupçonnent même des manœuvres peu claires. Selon Robert Halver, stratège actions chez Baader Bank, tous ces mécanisme ne peuvent pas expliquer entièrement la flambée du cours: "le gendarme de la Bourse devrait mener une enquête". Le Bafin a d'ailleurs affirmé à l'AFP qu'il "examinait les données" mais "il ne s'agit pas d'une enquête formelle".