Six cadres sur dix perdent du pouvoir d'achat

G. G. avec AFP

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Les cadres s'appauvrissent. Près de six adhérents de la CFE-CGC sur dix ont perdu du pouvoir d'achat en 2008 pour cause de faible hausse, de stagnation voire de baisse de leur rémunération brute moyenne, selon une enquête interne le syndicat des cadres publiée mardi.

Dans le détail, la rémunération brute moyenne du personnel de l'encadrement a reculé, en 2008, de 0,65% à 53.043 euros par an, soit 4.420 euros par mois. En prenant en compte l'inflation, cela correspond à un recul de pouvoir d'achat de -3,4% (-0,5% en 2007). L'Insee notait de son côté que, sur le dernier trimestre, les salaires avaient en moyenne moins augmenté que l'inflation.

La confédération des cadres estime que 58% des salariés ont perdu du pouvoir d'achat en 2008 en raison d'une augmentation de leur rémunération brute inférieure à 2% (22%), d'une stagnation (27%), voire d'une baisse (9%). Près de quatre salariés de l'encadrement sur dix (36%) ont donc vu leur rémunération brute annuelle stagner ou baisser, contre 41% en 2007 et 37% en 2006.

Insuffisantes augmentations

Certes, "un peu plus de salariés ont été augmentés" en 2008 qu'en 2007, note l'enquête. Mais elle ajoute que "ces augmentations pèsent encore moins lourd que l'an passé et ne sont pas suffisantes pour garantir un maintien du pouvoir d'achat compte tenu du niveau élevé de l'inflation (+2,8%)".

Or, près de quatre salariés de l'encadrement sur dix (36%) ont effectué des heures supplémentaires en 2008 (14% en 2007), observe la CFE-CGC, jugeant que cela revient à "travailler plus pour vivre moins bien".

Ecart hommes-femmes

Par ailleurs, l'écart salarial entre hommes et femmes s'est resserré "légèrement" tout en restant "très élevé", précise l'enquête. Un homme touchait en 2008 une rémunération moyenne brute supérieure de 20,2% à son homologue féminine, contre un écart de 23% en 2007.

Plus de six salariés sur dix (61%) disposaient en 2008 d'un compte épargne temps (CET) dans leur entreprise. Probablement en partie pour compenser la perte de pouvoir d'achat, ils ont été plus nombreux (15%) à convertir en argent les jours de réduction du temps de travail placés sur leur CET (10% en 2007).

Les salaires ont baissé, mais la charge de travail a augmenté. Dans 47% des cas, les cadres ont monétisé leurs RTT car ils ne parvenaient pas à les prendre toutes "en raison de leur charge de travail", dans 32% des cas pour maintenir leur pouvoir d'achat.