AXA n'a "pas besoin" d'augmentation de capital

J.Bx.

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"Nous n'avons pas l'intention de faire une augmentation de capital pour solidifier notre bilan, qui n'en a pas besoin", a déclaré le président du directoire d'AXa Henri de Castries, dans un entretien publié jeudi par Les Echos. Revenant sur des propos tenus en février, qui évoquait la possibilité d'une résolution autorisant une augmentation de capital, cette déclaration a soulagé les investisseurs et offert un solide rebond au cours de Bourse de l'assureur.

A la Bourse de Paris, l'action de l'assureur gagnait 7,5% à 13h43, dans un marché en hausse de 1,6%. Le 19 février dernier, le titre avait à l'inverse décroché de 9,1%, alors que les intervenants s'étaient alarmés des pertes enregistrées par le groupe au cours du second semestre 2008, dues à des dépréciations de ses portefeuilles de titres financiers. L'essentiel de ces dépréciations s'expliquait par la baisse de valeur des actifs. "Nous estimons que la moitié de ce montant est purement comptable, sans véritable justification économique", a justifié Henri de Castries aux Echos. Le jour de cette annonce, les "observateurs se sont focalisés sur le bilan et non sur les résultats. Ils ont aussi été victimes de peurs extrêmes", ajoute le dirigeant en précisant que le groupe disposait d'un "excédent de fonds propres de 6 milliards d'euros" fin 2008.

Ces propos interviennent le jour de l'assemblée générale d'AXA. Lors de la présentation des résultats annuels du groupe, Henri de Castries avait évoqué son intention de proposer au vote des actionnaires une résolution autorisant l'assureur à émettre pour 2 milliards d'euros d'actions préférentielles, afin de se recapitaliser.

"Sur le sujet, nous avons clairement commis une erreur de communication en parlant de la résolution sur les actions de préférence lors de la présentation des résultats. (…)Nous aurions dû être plus fermes dans l'affirmation de notre conviction qu'une émission de capital n'était pas nécessaire", justifie le dirigeant.

L'idée n'est cependant pas abandonnée. C'est "un nouvel outil qu'il serait absurde de ne pas avoir à notre disposition. Nous abandonnerons la résolution portant sur l'émission d'actions de préférence en faveur des mutuelles AXA, (…) pour ne garder que les deux résolutions destinées aux actionnaires individuels et aux investisseurs institutionnels", confie Henri de Castries.

Ce jeu d'équilibriste traduit en réalité les grandes incertitudes qui pèsent à l'heure actuelle sur l'évolution de la conjoncture, et les dépréciations futures qui pourraient à nouveau grever les comptes de l'assureur ainsi que d'autres compagnies d'assurance. Pour Henri de Castries, on "constate un ralentissement du rythme de la dégradation [de la conjoncture, NDLR]. Mais les sujets de fond mettront du temps à être réglés et les pertes seront longues à digérer. La rentrée constituera sans doute un point de rendez-vous important". En cas de rechute, le groupe pourrait avoir besoin de capitaux pour se sentir confortable. Mieux vaut donc prévenir, en se laissant cette option, que guérir.