Le titre EDF à nouveau sous son cours d'introduction

J. Bx avec agences

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EDF connaît des fortunes diverses auprès des investisseurs. Alors que son emprunt obligataire a séduit, l'action de l'électricien a rechuté sous son cours d'introduction en Bourse. Le titre était attaqué vendredi 3 juillet après un abaissement de recommandation de Morgan Stanley et un blocage du rapprochement dans le nucléaire avec l'américain Constellation Energy.

Succès obligataire

L'électricien a annoncé mercredi 1er juillet qu'il va clôturer de manière anticipée son émission obligataire reservée aux particuliers en raison du succès de l'opération. Lancée le 17 juin dernier, l'offre se terminera ainsi le 6 juillet et non le 10 comme prévu initialement. Elle a permis au groupe de collecter en deux semaines plus de 2,5 milliards d'euros, soit environ 1,5 milliard de plus que le montant d'un milliard évoqué en mai par le PDG Pierre Gadonneix.

Ce succès a cependant vite été éclipsé par les mauvaises nouvelles du jour, qui ont fait dévisser le titre EDF. Dans un marché sans direction en raison de la fermeture de la Bourse américaine, le titre EDF a cédé jusqu'à 5,7% en début d'après-midi, avant de se reprendre quelque peu. L'action valait 31,69 euros (-5,32%) vers 16h45, un niveau inférieur à son cours d'introduction du 18 novembre 2005, de 32 euros (prix pour les particuliers).

Déclassement

Morgan Stanley a déclassé sa recommandation sur l'électricien de surpondérer à pondération neutre, avec un objectif de cours revu de 50 à 40 euros. La banque estime qu'EDF pourrait devenir un producteur d'énergie nucléaire en grande partie régulé, avec une plus grande visibilité sur les résultats et les flux de trésorerie que la plupart des producteurs libéralisés mais avec une exposition réduite aux prix de gros de l'énergie.

Par ailleurs, le producteur américain d'électricité Constellation Energy a annoncé jeudi 2 juillet que la Cour de Baltimore avait refusé d'étudier son appel sur le dossier EDF. Une décision qui pourrait retarder le rapprochement amical entre les deux groupes sur le nucléaire.

Retard américain

La Commission des services publics du Maryland, Etat d'où est originaire Constellation Energy, entend mener une enquête approfondie pour déterminer si le projet avec EDF "est dans l'intérêt public". En réaction, les deux groupes avaient fait appel de cette décision, craignant qu'elle ne perturbe le calendrier de leur rapprochement, rappellent les analystes de CM-CIC Securities.

"EDF va répondre aux demandes de la Commission des services publics du Maryland et continue à travailler pour mener à bien l'opération", a déclaré à l'AFP une porte-parole du groupe français. "C'est juste une étape de plus dans la processus", a ajouté cette porte-parole. EDF avait annoncé à la mi-décembre l'acquisition pour 4,5 milliards de dollars de pratiquement la moitié des activités nucléaires de Constellation Energy. La décision de la Cour de repousser son avis sur l'appel signifie que le groupe français "pourrait ne pas échapper à cette enquête approfondie", jugent les analystes du courtier CM-CIC Securities.

Manque à gagner

Par conséquent, le dénouement du projet entre les deux groupes "qui devait avoir lieu au quatrième trimestre 2009 sera immanquablement reporté et ce ne serait qu'à partir de 2010 qu'il y aurait une intégration comptable", selon eux. Ce décalage pourrait représenter un manque à gagner de 125 millions d'euros sur le résultat opérationnel de 2009, selon les calculs des analystes.