Les ingénieurs touchés par la crise

G. G. avec AFP

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Les cols blancs ressentent aussi les effets de la crise. Selon un sondage publié jeudi par l'association Ingénieurs et scientifiques de France, un ingénieur sur dix aurait subi des baisses de revenu et craindrait de perdre son emploi. Près de 26.000 d'entre eux ont répondu à ce questionnaire par internet.

Dans le détail, 56% des ingénieurs estiment que la situation économique a eu un impact sur leur vie professionnelle, selon cette enquête réalisée en mars-avril. Quelque 42.000 des 680.000 diplômés des 116 principales écoles d'ingénieurs ont répondu au questionnaire général et près de 26.000 à la partie consacrée à la crise économique.

"Un ingénieur sur dix a vu ses revenus baisser" avec la crise, selon l'étude qui souligne que "cette diminution peut parfois être reliée à une situation de chômage partiel". "Dans la mesure où la nature des revenus n'était pas spécifiée, il se peut que la baisse des rémunérations des actions, obligations et autres actifs financiers y ait également contribué", précise l'étude. D'ailleurs, le poids de la crise se fait plus fortement ressentir chez les ingénieurs dont le salaire est conséquent que sur les salaires des plus jeunes.

Hausses sélectives

Ainsi, 32% des ingénieurs sont employés dans des entreprises qui ont gelé les salaires ou ne pratiquent que des hausses très sélectives, 28% travaillent dans des entreprises qui ont ou vont réduire leurs effectifs et 28% dans des entreprises qui ont réduit leur recours aux intérimaires et sous-traitants.

En mars 2009, 12% des ingénieurs craignaient de perdre son emploi. "Le taux de chômage n'était toutefois que de 3,4% dans cette population fin décembre 2008", précise l'enquête.

Tous les secteurs ne sont pas touchés avec la même violence. Les inquiétudes les plus fortes par rapport à la crise touchent les secteurs du matériel électrique, électronique, informatique (20%). Les moins inquiets sont dans le secteur de l'énergie (3%).

Pas d'embauche

Côté recrutement, 34% estiment qu'il n'y aura pas d'embauche de cadres techniques en 2009. Ils sont 54% à penser que l'année 2009 devrait être pire que 2008. Par ailleurs, le salaire brut médian annuel a légèrement baissé à 52.000 euro en 2008, contre 52.500 en 2007.

Résultat, les conditions se détériorent pour les jeunes diplômés: près de 10% d'entre eux étaient à la recherche d'un emploi en mars 2009, alors qu'ils n'étaient que 4% un an avant.