Accord dans la restauration: "1 milliard d'euros" pour les salariés

E.M. avec AFP

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L'accord signé dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre entre les cinq organisations professionnelles de restaurateurs et deux syndicats de salariés, mais rejeté par trois autres, représente "un milliard d'euros de pouvoir d'achat pour les salariés", ont souligné mardi les signataires.

Lors d'une conférence de presse commune, les cinq organisations patronales (Umih, Synhorcat, GNC, CPIH, Fagiht), ainsi que la CFDT et la CFE-CGC qui ont annoncé leur intention de parapher le texte ont détaillé "l'accord historique" obtenu à l'issue de 17 heures de négociations.

Hausse du pouvoir d'achat

"Les syndicats qui ne croient pas bon de signer et d'en faire profiter les salariés devront en rendre compte à ces salariés", a estimé Doudou Konate, secrétaire fédéral CFDT qui lui juge l'accord "historique". Didier Chenet (Synhorcat) a qualifié cet accord de "complet", car il couvre tous les domaines : les salaires, les congés et jours fériés, la formation, le tutorat et la protection sociale.

Selon les signataires, cela représente "un milliard d'euros de pouvoir d'achat pour les salariés", a-t-il insisté. Pour les hôtels et restaurants, en comptant les charges, l'accord équivaudrait à 1,35 milliard d'euros, soit 60% des gains obtenus avec le passage de la TVA de 19,6 à 5,5% (2,4 milliards d'euros par an en tenant compte de la perte d'allègements sociaux).

"Continuer le dialogue social"

Un premier accord en juillet, accepté par la CFDT et la CFE-CGC, avait été rejeté par la CGT, FO et la CFTC qui avaient en outre fait valoir le droit d'opposition, conduisant à de nouvelles négociations.

Les signataires ont mis en avant la "prime TVA", négociée pour trois ans, représentant 2% du salaire annuel brut par salarié, plafonnée à 400 euros par an et soumise à diverses conditions dont un minimum d'ancienneté. Cette prime n'est cependant pas pérenne et ne s'applique pas aux saisonniers, ce que réclamaient CGT, FO et CFTC.

"Nous avons l'intention de continuer le dialogue social", a précisé Christine Pujol (Umih) rappelant qu'une réunion était prévue en 2012 pour examiner la reconduction de la prime. "Je ne vois pas de quel droit un syndicat priverait ses salariés d'une prime de Noël de 400 euros", a tonné André Daguin (Umih), omettant de préciser que le texte stipule que la prime ne sera versée qu'à partir du 1er juillet 2010. Soit 6 mois après les fêtes de fin d'année.

"Pas bons sur les prix"

Le salaire minimum sera également supérieur à 25% du Smic, ont souligné les signataires, pour 39 heures par semaine et non 35. Jean-François Girault (CPIH) a reconnu que les restaurateurs n'avaient "pas été bons sur les prix" et qu'avec cet accord, ils se rattrapaient sur les salaires.

"En juillet, on a mis 900 millions d'euros sur la table. L'accord est rejeté. Là, on met 1,3 milliard et le résultat est le même. Alors où est l'erreur ?", a demandé M. Daguin, persuadé que certains syndicats avaient décidé avant la réunion de ne pas signer le texte.