Les restaurateurs bousculés par leurs propres syndicats

T.V avec AFP

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Les restaurateurs ont deux mois pour faire des efforts sur leurs ardoises. Sous la pression du gouvernement, les syndicats de restaurateurs ont brusqué leurs adhérents pour qu'ils appliquent réellement la baisse des prix demandée en contrepartie de l'application de la TVA réduite à 5,5%. Affichage ou réelle intention?

Le risque est "grand de perdre la TVA à taux réduit si l'ensemble des restaurateurs ne répercute pas sa baisse sur leurs prix, a averti mercredi le Synhorcat, deuxième syndicat du secteur. "Déjà, des parlementaires ont déposé des amendements de suppression du taux réduit. Ne prenons pas cette menace à la légère", commente le Synhorcat. Le même appel avait été lancé la semaine dernière par Christine Pujol, présidente de l'Umih, principal syndicat de restaurateurs, à la sortie d'une réunion au ministère de l'Economie.

"A ce jour, un restaurateur sur deux a joué le jeu de la baisse des prix et assure bien s'en porter. A vous qui n'avez pas encore franchi le pas, faites comme eux, à votre mesure", a demandé le Synhorcat dans un communiqué.

Les prix ont à peine baisser

Mais selon les services de Bercy, c'est même pire. Seulement 40% des restaurateurs ont baissé les prix et de façon dérisoire. Selon l'Insee, les prix ont baissé de 0,2% dans les restaurants en août et de 1,3% en juillet trois mois après le lancement de la mesure. Le gouvernement espère toujours une baisse de 3 à 4% des prix à la carte comme l'ont fait les grandes chaînes. Le contrat d'avenir réalisé avec les restaurateurs fixe une baisse de près de 12% sur au moins 7 produits de la carte.

La pression comme seule arme

Le gouvernement n'avait demandé aucune obligation aux restaurateurs pour qu'ils baissent leurs prix et embauchent mais constatant qu'ils traînent des pieds, il décide de jouer la menace. Lors d'une réunion au ministère, Herve Novelli, secrétaire d'Etat chargé du commerce et des PME a prévenu qu'en cas d'inaction, il en tirerait "les conséquences". Un comité de suivi doit se réunir le 15 décembre pour se prononcer "définitivement sur le succès ou non en matière de baisse des prix", selon Hervé Novelli.