Réunion de famille

T.V avec AFP

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Peut être le jour J pour Volkswagen et Porsche. Le 23 juillet, le numéro un européen de l'automobile, Volkswagen, et le constructeur de voitures de sport Porsche qui détient 51% de son compatriote, tiendront chacun leur conseil de surveillance à à Stuttgart.

Ce jour-là, les membres du conseil de surveillance de Porsche doivent examiner une offre du Qatar, qui propose de prendre une participation de 7 milliards d'euros dans Porsche et des options sur action Volkswagen, et une autre de Volkswagen (VW), qui s'est porté candidat pour racheter les activités automobiles de sa maison mère. Mais selon la presse allemande, le conseil de surveillance convoqué pour le 23 juillet n'examinera réellement que l'offre du Qatar,

Porsche est en difficulté après avoir acheté 51% de VW, pourtant bien plus gros que lui, et doit désormais trouver un allié pour se désendetter. Chez VW, l'ordre du jour du Conseil de surveillance n'a pas été indiqué.

Le torchon brûle aussi entre le Land et Porsche

La bataille de pouvoir entre Porsche et VW envenime aussi les relations de Porsche avec les autorités allemandes qui lui ont refusé des aides publiques. Porsche y voit un favoritisme envers VW. Le chef du gouvernement du Land, Christian Wulff, "veut endommager Porsche afin que Volkswagen puisse nous racheter à bon compte. Il veut nous mettre dans une situation difficile et joue de cette manière avec les emplois", a accusé le syndicaliste Uwe Hück, proche de la direction de Porsche, dans l'édition en ligne de l'hebdomadaire Focus.

Par voie de communiqué, le porte-parole du gouvernement conservateur de Basse-Saxe a aussitôt rétorqué: "Uwe Hück a manifestement peur pour ses privilèges. Il est sinon impossible de comprendre sa polémique et ses affirmations erronées", a déclaré Olaf Glaeseker. Celui-ci a notamment démenti l'accusation de M. Hück selon laquelle la Basse-Saxe aurait tenté d'empêcher Porsche d'accéder à des crédits. M. Wulff s'est ainsi engagé pour que le constructeur de voitures de luxe obtienne un crédit de 700 millions d'euros de la part de Volkswagen (VW), rétorque la Basse-Saxe.

L'Etat régional est grand actionnaire du premier constructeur européen Volkswagen et défend l'idée d'un groupe automobile intégré Porsche-VW. Le comité d'entreprise de Porsche en revanche bataille pour conserver l'indépendance du spécialiste des voitures sportives, qui s'est lourdement endetté pour acquérir 51% de VW. Porsche est désormais obligé de trouver un allié pour alléger sa dette, et a déjà reçu deux propositions: l'une venant de l'émirat du Qatar, et l'autre de VW lui-même.