Le bilan de Bush vu par Bush

Delphine Halgand

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"Quand le président Bush prend ses fonctions en janvier 2001, il hérite d'une récession, avec une économie qui suffoque sous de lourdes taxes. Puis surviennent les attaques du 11 septembre 2001, qui vont causer d'immenses dégâts économiques. L'éclatement d'une série de scandales s'ajoute à cela, impliquant des entreprises ce qui affecte la confiance dans l'économie". Ainsi commence le compte-rendu économique, sur le site officiel de la Maison-Blanche, des deux mandats du 43e président des Etats-Unis, George W. Bush.

Il est de bonne guerre que la Maison-Blanche souligne les succés de son locataire mais elle oublie d'autres détails. On pourrait les rappeler ainsi: "Quand le président Bush prend ses fonctions en janvier 2001" à l'issue des deux mandats consécutifs du démocrate Bill Clinton, "il hérite" d'un excédent budgétaire de 236 milliards de dollars. En 2008, George W. Bush laisse un déficit de 400 milliards. L'ardoise que laisse Bush s'explique par le ralentissement économique entamé en 2001, mais aussi par ses baisses d'impôts et le coût de la guerre en Irak et en Afghanistan. En 2000, la dette correspondait à 58% du PIB. En 2008, elle atteint les 67,5%.

"Surviennent les attaques du 11 septembre 2001" qui accentuent le ralentissement économique amorcé par l'éclatement de la bulle internet. La révélation d'une série de scandales, dont la faillite du géant de l'énergie Enron, affecte la confiance dans l'économie. Le pdg d'Enron Kenneth Lay était d'ailleurs un proche de George W. Bush.

Le compte-rendu officiel souligne les choix difficiles que le président a dû affronter. En pleine crise financière, "avec la situation se détériorant de jour en jour, le président a reconnu qu'il affrontait un choix: intervenir par une action spectaculaire du gouvernement ou reculer et prendre le risque d'un développement rapide de la crise qui menace la sécurité financière de tous. Le président a choisi d'agir." Certes, mais un peu tard…