L'ONU a son mot à dire sur l'économie mondiale, selon Stiglitz

J. Bx avec AFP

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Les discussions sur la refonte de l'économie mondiale ne doivent pas se limiter "à un club fermé" et les Nations unies doivent y jouer un "rôle clé", estime le Prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz dans une tribune parue dans les Echos lundi 6 juillet.

"Le processus décisionnel (sur l'économie mondiale, ndlr) ne doit pas se limiter à un club fermé dont les membres sont cooptés, qui manque de légitimité politique et est largement dominé par ceux qui sont en grande partie responsables de la crise", écrit M. Stiglitz, alors que le G8 se réunit de mercredi 8 juillet à vendredi à L'Aquila, en Italie.

"Malgré tous ses défauts, l'Organisation des Nations unies est la seule institution internationale où chacun a sa place" et sa vision de la crise est "à maints égards plus claire" que celle du G20, affirme le Prix Nobel, évoquant la conférence sur la crise économique organisée fin juin par l'ONU à New York.

Selon M. Stiglitz, le cadre des Nations Unies permet de poser des questions "trop sensibles" politiquement pour certains grands pays et de "mettre en avant" les préoccupations des pays pauvres, à l'heure où la situation "s'aggrave" pour beaucoup d'entre eux.

Lors de la conférence fin juin, les Nations unies ont ainsi pu discuter de la réforme du système de réserves mondiales, qui est, selon M. Stiglitz, une question "trop sensible pour être débattue au G20" alors que l'accumulation de réserves de dollars "contribue" aux déséquilibres mondiaux.

La conférence de l'ONU a réuni des représentants de quelque 120 pays mais de nombreux pays occidentaux y ont dépêché des délégations de niveau modeste.