La préretraite n'a plus la cote

E24 avec AFP

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L'Etat finance de moins en moins de préretraites mais cela s'accompagne depuis 2002 d'une augmentation "très sensible du nombre d'entrées en chômage indemnisé des

personnes de 55 ans et plus
", souligne vendredi 27 février une étude du ministère du Travail. En 2007, 10.400 salariés du privé - principalement d'ex-travailleurs exposés aux dangers de l'amiante - sont entrés dans un dispositif de préretraite financé en partie ou en totalité par l'Etat, un effectif divisé par neuf depuis 1996, selon le département statistique du ministère (Dares).

Fin décembre 2007, la métropole comptait 81.025 salariés du privé en préretraite, contre 237.715 en 1996. La dépense pour l'Etat s'élevait à 795 millions d'euros, hors cessation d'activité amiante, contre plus de 2 milliards d'euros en 2002, selon l'étude.

L'Etat a mis en place des dispositifs de préretraites à partir de 1963 (Allocation spéciale du Fonds national de l'emploi, AS-FNE) et jusqu'aux années 2000, aux sigles divers (PRP, ARPE, CAATA, CATS) pour limiter l'impact des licenciements. Les bénéficiaires étaient majoritairement des hommes, ouvriers ou employés. Il était communément admis que cela favoriserait l'embauche de salariés plus jeunes, et devait servir aussi à permettre à des salariés ayant connu des conditions de travail éprouvantes, voire dangereuses, de s'arrêter.

Les conditions d'accès aux dispositifs ont ensuite été restreintes, la charge financière étant alourdie d'autant pour les entreprises, avant un coup d'arrêt en 2003. Certaines entreprises, surtout les grandes, continuent d'organiser le départ de salariés âgés en préretraite, sans aucun recours à un financement public (préretraite maison, dispense d'activité, congé de fin de carrière). Elles doivent payer une taxe au Fonds de solidarité vieillesse, augmentée en 2007.