Les dossiers chauds du nouveau président

Delphine Halgand

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Barack Obama, 44e président des Etats Unis, prendra ses fonctions en janvier 2009 et aura du pain sur la planche. La situation est, en effet, peu brillante. Le pays a enregistré un recul du PIB au troisième trimestre qui annonce, le début d'une période de récession qui pourrait durer de 8 à 18 mois. Les Américains consomment moins. Les crédits à la consommation reculent depuis août, une première depuis 1998. Une hausse du chômage s'est déjà amorcée. Dans le Wall Street Journal (WSJ) du lundi 3 novembre, Barack Obama estime que 760.000 Américains ont déjà perdu leur emploi cette année. Pour lui, "la priorité numéro un, est d'assurer que les rouages du système capitaliste fonctionnent", a-t-il déclaré sur CNN vendredi. Le démocrate propose un plan de relance keynésien.

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Infrastructures

Barack Obama souhaite mettre en place un programme de grands travaux en utilisant les dépenses publiques. "Nous créerons deux millions d'emplois en reconstruisant nos infrastructures en mauvais état et en installant des lignes internet haut-débit à chaque recoin du pays", explique le sénateur de l'Illinois dans le WSJ de lundi 3 novembre.

Il souhaite, par ailleurs, taxer davantage les Américains les plus aisés et baisser les impôts de ceux qui gagnent moins de 200.000 dollars, soit selon lui 95% des travailleurs et des familles.

"Jobs verts"

Sa deuxième priorité est l'indépendance énergétique. "J'investirai 15 milliards de dollars par an ces dix prochaines années dans l'énergie renouvelable, explique-t-il dans le WSJ, créant ainsi 5 millions de nouveaux "jobs verts" qui sont bien payés, qui ne peuvent pas être externalisés et peuvent, en revanche, contribuer à mettre fin à notre dépendance face au pétrole du Moyen-Orient." Le prix du baril est passé de 147 dollars en juillet dernier à 65 dollars actuellement. Les montagnes russes inquiètent.

Le démocrate compte bien évidemment s'attaquer au système de santé, thème cher à son parti. Près de 45 millions d'Américains ne sont pas couverts par une assurance maladie. Barack Obama souhaite donc étendre les programmes privés et publics existants avec l'aide de subventions fédérales. Il créerait un nouveau programme public pour rivaliser avec les assureurs privés. Le plan de santé d'Obama coûterait au gouvernement près de 1.600 milliards de dollars sur 10 ans, selon le Tax Policy Center.

Même si Barack Obama économise 10 milliards de dollars par mois en mettant fin à la guerre en Irak, ses promesses électorales s'annoncent coûteuses. Avec un tel plan de relance, le déficit budgétaire risque de trinquer. Il pourrait atteindre les 1.000 milliards de dollars en 2009. Mais traitons un problème après l'autre.