Quand les milliardaires boivent la tasse

— 

Si vous pensez que la crise financière n’a fait trébucher que les petits actionnaires et les investisseurs modestes, détrompez-vous. Il est vrai qu’aux Etats-Unis, les fonds de pension, c’est à dire les plans de retraite individuels des Américains, ont perdu au total de l’ordre de 2.000 milliards de dollars. Mais les plus grands gourous de la finance ont également bu la tasse. Leurs portefeuilles boursiers ont fondu. Prenez Warren Buffett, le milliardaire le plus emblématique du moment, d’abord parce qu’il incarne la prudence et ensuite parce qu'à la fois John McCain et Barack Obama ont publiquement déclaré qu’ils en feraient bien leur secrétaire au Trésor.

Et bien Buffett a beaucoup perdu. Sa compagnie, Berkshire Hathaway, a vu 22 % de sa valeur s’évaporer, c'est-à-dire à peu près 13,6 milliards de dollars. La société de Buffett ne vaut plus aujourd’hui que 48,1 milliards de dollars. L’homme du Nebraska n’est pas le seul ténor secoué par le tsunami financier. Selon la chaîne CNBC, Larry Ellison a vu son portefeuille personnel fondre de plus de 6 milliards de dollars. Il ne lui reste plus que 20 milliards. Selon la même étude effectuée par CNBC, Steve Ballmer, le patron de Microsoft, a plongé de 5,1 milliards et Jeff Bezos, le président d’Amazon, n’est plus qu'à la tête d’une fortune de 5,7 milliards de dollars après en avoir perdu. Rupert Murdoch, le magnat de la presse, pleure quant à lui 4 milliards de dollars enfuis.

Dans de nombreuses compagnies, comme Boston Scientific, XTO Energy ou Williams Sonoma, les managers ont été obligés de vendre des actions de leur société afin de répondre à un "appel de marge" de leur banquier qui leur avait prêté de l’argent sur la valeur pré-crise de leur portefeuille. Par exemple, relate encore CNBC, Aubrey McClendon, le patron de Chesapeake Energy, a récemment vendu 95 % de ses actions pour une valeur de 570 millions de dollars, un geste qui a fait davantage dégringoler l’action.