Banques françaises: UBS préfère Société Générale

Julien Beauvieux

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Durablement affaiblie par l'affaire Kerviel et de lourdes dépréciations d'actifs, qui l'ont conduit à enregistrer une perte de 278 millions d'euros au premier trimestre, la Société Générale serait pourtant une bonne occasion d'achat, selon UBS, qui est en revanche resté neutre concernant sa concurrente BNP Paribas.

Le courtier craint en effet que BNP Paribas, largement bénéficiaire au premier trimestre, ne réserve de mauvaise surprise au moment de la publication complète des actifs de Fortis, dont le rachat a été finalisé en mai dernier. Société Générale serait pour sa part bien placée pour profiter d'une reprise de l'économie.

Rebond

Dans le sillage du rebond des places boursières mondiales, les deux titres ont pourtant suivi des chemins similaires. Société Générale, qui évolue vendredi 26 juin au-dessus des 39 euros, a engrangé plus de 105% depuis le 9 mars, tandis que l'action BNP Paribas a pris plus de 108%, à un peu plus de 46 euros.

Malgré cette belle progression, UBS a réitéré sa recommandation à l'achat sur le titre Société Générale. "Nous pensons que les bénéfices récurrents du groupe ont été soumis à des pressions cycliques, et non structurelles, ce qui laisse SocGen bien positionnée pour tirer profit d'une embellie macroéconomique", explique l'analyste Omar Fall dans une étude du secteur.

Stabilisation économique

Plombée notamment par 1,5 milliard d'euros de dépréciations et 500 millions d'euros d'ajustements de valeur sur des instruments de couverture dits CDS (credit default swaps) au premier trimestre, la banque pourrait bientôt voir le bout du tunnel, selon UBS. "Etant donné la stabilisation apparente des différents indicateurs influençant ces actifs, en particulier la détérioration du marché immobilier américain, nous estimons que nous sommes proches de la fin du cycle de dépréciation", pense Omar Fall.

UBS a diminué de 16% sa prévision de bénéfice par action Société Générale pour 2009, mais augmenté de 11% celle pour 2010, avec un cours cible de 50 euros, contre 45 euros auparavant. En termes de rendement des fonds propres, la Société Générale devrait se situer à seulement 5% en 2009, contre 21% en 2006. Mais le ratio pourrait doubler dès 2010, et atteindre 15% en 2013.

Concernant BNP Paribas, le courtier a augmenté ses anticipations de respectivement 34% et 12% pour 2009 et 2010, soit un niveau de rendement des fonds propres (RoE) de 10% en 2009 et 2010. Ce ratio clé de la finance devrait être en ligne avec celui de la Société Générale en 2013, mais la banque pourrait "réserver des surprises à l'approche de la présentation intégrale des actifs de Fortis", ce qui a conduit UBS à ne relever que de 3 euros son cours cible, à 48 euros.

Risque baissier

"Bien que le marché extrapole avec raison les bons résultats des activités de produits de taux du premier trimestre, nous ne sommes pas convaincus que cela soit suffisant pour écarter tout risque en capital concernant l'intégration" de la banque belge, analyse Omar Fall. Bien que cette acquisition ait justifié pour UBS la comptabilisation de 800 millions d'euros de profits additionnels et 500 millions résultant de synergies, "un risque baissier subsiste étant donné l'incertitude quant à la valeur de franchise issue des longues négociations". Réponse dans quelques mois, lorsque le plan d'intégration de Fortis par BNP Paribas sera présenté à la communauté financière.