Pas de grosse acquisition pour Sanofi

J. Bx

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"La direction dément formellement avoir présenté un dossier d'acquisition majeure aux Etats-Unis au conseil d'administration ou au comité stratégique", a indiqué à l'AFP un porte-parole de Sanofi-Aventis.

Dans un contexte de consolidation du secteur, le nouveau patron du groupe pharmaceutique Chris Viehbacher "a récemment travaillé avec ses équipes, ses conseils et ses banquiers sur un projet d'énorme acquisition aux Etats-Unis", écrivait le quotidien économique. Une opération de plusieurs dizaines de milliards de dollars, finalement abandonnée car jugée trop risquée par les actionnaires, affirmait Les Echos.

Selon le quotidien, plusieurs cibles auraient été passées en revue, dont Amgen, la première entreprise américaine de biotechnologies, qui vaut 51 milliards de dollars en Bourse. Le dossier aurait été présenté aux administrateurs membres du comité de réflexion stratégique, qui comprend notamment le fabriquant de cosmétique L'Oréal et le groupe Total. Le pétrolier a par ailleurs réduit sa part dans le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis et ne détient plus que 9,99% du capital et 16,23% de ses droits de vote, selon un avis de l'AMF.

L'acquisition aurait pourtant été facilitée par la quasi absence de dettes du groupe. Sanofi-Aventis accusait fin mars une dette nette de 1,236 milliard d'euros, toutefois réduite de 544 millions par rapport au 31 décembre 2008 grâce à une trésorerie élevée au premier trimestre.

Surtout, l'heure est à la consolidation dans le secteur pharmaceutique. Fin janvier, l'américain Pfizer, numéro un mondial du secteur, a racheté son compatriote Wyeth pour 68 milliards de dollars, tandis que Merck s'est offert Schering-Plough pour 41 milliards. Mi-mars, Roche a acquis la société américaine de biotechnologies Genentech pour 47 milliards de dollars.

Mais "les administrateurs consultés, eux, ont surtout vu les risques d'une mégafusion, surtout hostile", écrivait le quotidien. Le comité a préféré jouer la prudence et décidé de s'en tenir à la stratégie de rapprochements de plus petite taille, inférieurs à 2 milliards d'euros. Sanofi-Aventis a pour l'instant pris le contrôle des fabricants de génériques Kendrick au Mexique et Medley au Brésil, puis de BiPar Sciences aux Etats-Unis. Le groupe avait également pris le contrôle du tchèque Zentiva.