Noyer: "Les banques ont bien identifié leurs actifs toxiques"

T.V avec AFP

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Les banques françaises ont fait le ménage dans leurs bilans. Lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat, mercredi 27 mai, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé que les actifs toxiques des banques françaises ont été "bien identifiés". "L'essentiel des provisions qui étaient à passer sur des actifs complexes sont derrière nous", a-t-il ajouté.

Le coût du risque

Le gouverneur a admis que les banques françaises pourraient devoir passer d'autres provisions dans les trimestres à venir mais pour d'autres rasions que celles des actifs toxiques. Ces provisions seront "les conséquences de la crise économique" et non des perturbations des marchés financiers. Le "principal risque" est ainsi "lié à l'activité traditionnelle de crédit", et se traduit par la hausse des impayés, pour les particuliers comme pour les entreprises, selon Christian Noyer. Une notion appréhendée par les banques sous l'appelation de coût du risque.

Pour le gouverneur, les banques françaises sont "solides et bien capitalisées" et ont, dès lors, "tout à fait les moyens de passer les provisions qui pourraient être nécessaires" en cas de poursuite de la hausse des impayés.

L'évaluation du Fonds monétaire international (FMI) concernant le besoin de recapitalisation des banques européennes "ne tient pas la route", a déclaré mercredi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, mercredi lors d'une audition au Sénat.

"Stress test" pour les banques européennes

Le FMI a évalué à 2.470 milliards de dollars le coût de la crise pour les banques pour un coût global de 4.054 milliards de dollars, soit une charge de 61% pour les banques. D'après le Fonds, pour supporter ce choc, les banques européennes vont devoir encore rassembler 600 milliards de dollars de capitaux nouveaux d'ici à fin 2010. Mais pour Christian Noyer, "les chiffres du FMI sont fondés sur une méthodologie qui ne tient pas la route. Ca n'a pas été un bon travail".

"La méthode suivie par le FMI consiste à raisonner comme si l'économie mondiale était calibrée exactement comme l'économie américaine, autrement dit faire l'hypothèse qu'on trouve des subprime dans tous les pays", mais "on sait que c'est faux donc le calcul du FMI est faux", a-t-il ajouté.

M. Noyer a toutefois reconnu qu'aucune institution européenne n'était en mesure de fournir une évaluation globale. "Tant qu'on ne se sera pas décidé à donner à la BCE le rôle de coordination et de régulation (...) on n'aura pas une unité centrale capable" de fournir des chiffres au niveau européen, a-t-il précisé, "déplorant" cette situation. M. Noyer a toutefois indiqué être "en accord" avec le message du FMI sur la nécessité de vérifier la "résilience" du système bancaire. Des tests de résistance sur les banques européennes devraient être menés "le plus vite possible", selon M. Noyer. En revanche, la publication de leurs résultats n'aurait "pas grand sens", a-t-il déclaré.

Les superviseurs bancaires européens ont récemment décidé de mener des tests de résistance sur les principales banques européennes dont les conclusions devraient être finalisées en septembre sans toutefois être rendu publiques. M. Noyer a toutefois précisé que des tests de résistance étaient déjà menés "régulièrement" sur les banques françaises sous la supervision de la Banque de France qui fixe aux banques des hypothèses macro-économiques et les laisse mener elles-mêmes dans la plupart des cas. "Nos hypothèses sont beaucoup plus dures que les hypothèses américaines", a ajouté le gouverneur, estimant que les banques françaises ressortiraient des tests américains "avec des niveaux de fonds propres (...) sensiblement supérieurs".

Des tests de résistance ont été menés aux Etats-Unis et sur les 19 principales banques du pays et ont établi que dix d'entre elles devaient renforcer leurs capitaux propres pour un montant total de près de 75 milliards de dollars.