Sauvetage des banques: comment la France se distingue

Jocelyn Jovène

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Les banques françaises affirment n'avoir pas besoin de l'argent de l'Etat. Sous forme de capital du moins. En revanche, sous forme de dette, cela semble acceptable. Du coup, le choix du gouvernement français d'émettre de la dette souscrite par six grandes banques françaises se démarque de la plupart des autres pays, où les injections d'argent frais ont pris la forme d'émission d'actions préférentielles.

En outre, les conditions de rémunération des titres émis par l'Etat français semblent plus avantageuses que dans d'autres pays, notamment au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Petit tour d'horizon.

Le plan français

L'offre de l'Etat: L'Etat va souscrire à hauteur de 10,5 milliards d'euros de dettes émises par 6 banques. Une deuxième tranche d'un même montant pourrait être émise en 2009. Elles seront tirées sur l'enveloppe de 360 milliards annoncées par le gouvernement.

Les contreparties: Augmentation des volumes de prêts à l'économie. Respect des règles du MEDEF sur les parachutes dorés pour les dirigeants limogés. Le coût de la dette pour les banques ressort à 7,79%.

Le plan allemand

L'offre de l'Etat: Plan de sauvetage de 480 milliards d'euros sous forme de garanties de prêts à court terme, ou de recapitalisation (avec une enveloppe de 80 milliards d'euros).

Les contreparties: Limitations à 500.000 euros à la rémunération des dirigeants des banques aidées.

Le plan britannique

L'offre de l'Etat: Injection de 37 milliards de livres sterling (47,7 milliards d'euros) dans 2 banques (RBS, Lloyds TSB+HBOS).

Les contreparties: Amélioration des politiques salariés, et des conditions de prêts à l'économie; arrêt des expulsions d'emprunteurs défaillants. Démission des dirigeants (RBS), révision du mode de gouvernance des banques. La rémunération des titres émis au profit des banques est fixée à 12%.

Le plan néerlandais

L'offre de l'Etat: Recapitalisation d'ING à hauteur de 10 milliards d'euros.

Les contreparties: Capital rémunéré à hauteur de 8,5%.

Le plan américain

L'offre de l'Etat: Injection de 250 milliards de dollars (189,7 milliards d'euros) dans les banques sous forme d'actions préférentielles.

Les contreparties: Limitations de la rémunération des dirigeants des banques aidées.

Le plan suédois

L'offre de l'Etat: Plan d'aide de 152 milliards d'euros à travers des prêts garantis par l'Etat. Guichet ouvert jusqu'au 30 avril 2009 et pouvant être prorogé jusqu'à la fin de l'année.

Les contreparties: Limitations de la rémunération des dirigeants des banques aidées.