Ricol dénoncera les banques

E24 avec AFP

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Après avoir détaillé vendredi le dispositif destiné à faciliter l'accès des PME au crédit, le médiateur national du crédit, René Ricol, a averti ce lundi qu'il dénoncera les banques qui ne prêtent pas aux entreprises alors qu'elles s'y sont engagées, auprès du président de la République.

"Si les banquiers ne jouent pas le jeu, alors les conséquences seront efficaces, l'Etat n'hésitera pas à prendre des participations au capital des banques pour éviter qu'il y ait un dérapage", a prévenu Ricol sur Europe 1. Interrogé pour savoir s'il les dénoncerait devant les médias, comme il l'avait affirmé, il a répondu: "Je vais faire pire que ça, je vais les dénoncer auprès du président de la République, parce que je pense que ça aura des conséquences immédiates".

Eviter la crise

Selon lui, "si les banquiers jouent le jeu, s'ils acceptent de soutenir toutes les lignes de crédit en cours - sauf si une société connaissait des difficultés particulières - et de prendre plus de risques, ce qu'ils doivent faire, alors nous éviterons une large partie de la crise économique". "On est vraiment aujourd'hui à un point où les banquiers doivent choisir dans quel camp ils sont: est-ce qu'ils sont indifférents à toutes les situations de détresse, de drame, ou est-ce qu'ils décident de soutenir" les entreprises ?, a-t-il ajouté.

"Si nous voulons que la croissance reparte, limiter le nombre de drames, alors nous avons besoin que les banquiers reprêtent de l'argent aux entreprises sans même attendre que la confiance interbancaire reparte", a soutenu René Ricol, qui doit recevoir les banquiers mercredi 12 novembre prochain. "On ne peut pas avoir de banques qui ne joueraient pas le jeu de la solidarité dans une période de crise économique alors même qu'elles en sont largement à l'origine", a-t-il insisté.

100 médiateurs

René Ricol a précisé qu'il travaillerait sur le terrain avec 100 médiateurs départementaux, qui seront les directeurs départementaux de la Banque de France. "Les dossiers qui ne seraient pas traités reviendront chez moi", a-t-il averti.

En échange du soutien financier de l'Etat, les banques ont promis d'augmenter le montant de leurs crédits aux particuliers et aux entreprises de 3 à 4% d'ici à un an. Le Premier ministre François Fillon a affirmé lundi dernier que "c'est dans les dix jours qui viennent que l'on va pouvoir juger si les banques jouent le jeu ou pas". Eric Woerth, ministre du Budget, a demandé aux représentants de l'Etat "d'apprécier le degré d'engagement effectif des banques".

Difficile d'interférer

Mais concrètement, pour Jean-Pierre Franc, président du comité des banques d'Auvergne, qui siègera dans l'un des comités de suivi de ce dispositif, "il est difficile pour une quelconque commission d'interférer dans les décisions des banques, qui sont juges de leurs risques".

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a aussi annoncé la publication mensuelle d'un "baromètre du crédit" qui indiquera, banque par banque, les prêts consentis aux agents économiques.

Oséo, la banque publique d'aide aux PME, dit avoir reçu 5.700 appels sur son numéro azur et 1.500 e-mails. "Seuls 7 ou 8% des appels correspondent à des problèmes de trésorerie", précise Oséo. "On ne peut pas encore dire qu'on soit installé dans une situation de crise (mais) on se prépare à une dégradation des situations", a souligné vendredi 7 novembre René Ricol vendredi, qui a déjà reçu 1.000 dossiers "par des voies diverses".