Les banques ont durci leurs conditions de prêts aux entreprises

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Plus des trois quarts des banques en France ont durci leurs conditions de prêt aux entreprises au troisième trimestre, arguant d'une baisse de la demande et de difficultés à se financer en raison de la crise, selon une étude de la Banque de France (BdF).

Selon cette enquête publiée sur le site de la BdF, 77% des établissements de crédit ont reconnu avoir "sensiblement" ou "quelque peu" durci leurs critères d'attribution des crédits aux entreprises depuis la fin juin, contre 22% assurant n'avoir pas modifié leurs critères.

L'aggravation de la crise financière en septembre a visiblement changé la donne puisqu'au deuxième trimestre 2008, près des deux tiers des banques déclaraient n'avoir pas durci leurs conditions de prêts.

Ce durcissement des critères est plus marqué pour les PME (82%) que pour les grandes entreprises (52%), selon ce sondage réalisé auprès de 15 établissements de crédit représentant 100% de la distribution de crédits aux entreprises en France, en deux étapes entre le 7 et le 14 octobre. Pour le dernier trimestre, plus des deux-tiers des banques envisagent de resserrer à nouveau leurs critères d'octroi, mais ce sondage a été réalisé pour l'essentiel avant l'annonce le 13 octobre du plan de soutien au secteur bancaire censé faciliter leur accès au financement.

Restriction moins sévère pour les particuliers

S'agissant des crédits à l'habitat pour les particuliers, la restriction est moins sévère puisque seulement un tiers des banques affirment avoir durci leurs critères d'octroi entre la fin juin et la fin septembre. Pour justifier ce tour de vis, les banques invoquent plusieurs raisons, à commencer par une baisse de la demande de crédits de la part des entreprises comme des ménages.

En outre, la "dégradation des perspectives économiques, les contraintes de liquidité et les difficultés d’accès aux financements de marché" ont accentué cette tendance, note la BdF dans cette étude trimestrielle..

La Banque de France relève que ce resserrement s'est manifesté davantage par une "augmentation des marges", c'est-à-dire par une hausse des taux d'intérêt consentis à la clientèle, que par un renforcement des exigences en matière de garanties ou par une réduction de la durée et des montants des financements accordés.

Inquiétudes de la CGPME

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) s'est inquiétée de ce durcissement et surtout du fait qu'il touche principalement les PME. Mais l'avenir est plus préoccupant à ses yaux dans la mesure où 62% les établissements bancaires confirment la perspective de voir ce mouvement se poursuivre au quatrième trimestre.

Tout en se disant "confiante dans la volonté affichée des pouvoirs publics de tout mettre en oeuvre pour assurer aux entreprises le crédit indispensable à leur fonctionnement", la CGPME affirme qu'elle sera "particulièrement vigilante à ce que tous les acteurs du financement prennent leurs responsabilités".