Eolien: le prix de rachat est trop bas pour GDF-Suez

E24 avec AFP

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Les tarifs de rachat de l'électricité produite à partir d'éoliennes en mer (offshore) ne permettent pas d'assurer la rentabilité de ces projets, a estimé jeudi Henri Ducré, responsable de la branche Energie-France chez GDF Suez.

"Parler de rentabilité, c'est parfois un gros mot mais il faut que ces projets soient rentables", a affirmé M. Ducré au cours d'un colloque organisé au Sénat sur le thème "23% d'énergies renouvelables en 2020: objectif utopique ou réalisable?".

90 milliards

Selon M. Ducré, pour se développer, les énergies renouvelables doivent être rentables et acceptées par la population locale, car "ce sont des investissements énormes: on parle de 90 milliards d'euros".

Or, "le prix d'achat de l'énergie éolienne" aujourd'hui fixé à 130 euros par mégawattheure (MWh) "ne permet pas la rentabilité de l'éolien offshore", a-t-il estimé. "Mettons 30 euros de plus et on verra."

Hydraulique

M. Ducré a aussi déploré qu'on "n'insiste pas plus sur le développement de l'hydraulique en France". Il a rappelé qu'il s'agissait d'une "énergie abondante et stockable" et qu'il y avait "des capacités énormes en France".

Le président d'EDF, Pierre Gadonneix, a justement affirmé qu'il se battait "tous les jours" pour qu'on ne l'"oblige pas à détruire des barrages" du fait de la législation protégeant les cours d'eau. "Il y a une responsabilité du législateur. Il faut que les politiques soient cohérentes", a-t-il déclaré.

Alors que l'électricité d'EDF est à 85% d'origine nucléaire, M. Gadonneix a affirmé qu'il ne croyait pas "au tout quelque-chose" et que "la réponse au défi énergétique serait diverse".

Nucléaire

"En France, pendant très longtemps, on a été très idéologue sur l'énergie. Si vous étiez dans le nucléaire, vous étiez forcément anti-énergies renouvelables", a pour sa part remarqué Anne Lauvergeon, président du groupe nucléaire Areva.

Mais "le débat idéologique nucléaire contre renouvelable n'a vraiment pas de sens", a-t-elle jugé.

Mme Lauvergeon a ainsi considéré qu'il n'était "pas choquant que les énergies renouvelables soient subventionnées car toutes les énergies l'ont été à leur démarrage: charbon, nucléaire".

"23% d'énergies renouvelables, c'est un minimum", a enfin rappelé Boris Ravignon, conseiller technique développement durable à l'Elysée. "Il va falloir se donner les moyens d'aller plus loin."