Le DG d'Auchan ne veut pas ouvrir tous les dimanches

E24 avec AFP

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Alors que la proposition de loi UMP sur le travail dominical doit être examinée le 11 décembre à l'Assemblée nationale, les détracteurs de cette mesure ne sont pas toujours là où on les attend. Le directeur général d'Auchan France, Philippe Baroukh, a indiqué mardi 2 décembre qu'il ne souhaitait pas l'extension du travail dominical "à tous les dimanches" et a appelé le législateur à être "cohérent" sur cette question du travail dominical. "On n'est pas culturellement des acharnés du travail du dimanche, je ne souhaite pas l'extension du travail dominical à tous les dimanches", a-t-il déclaré, en marge de la présentation à la presse du nouveau siège du groupe à Villeneuve-d'Ascq (Nord).

"N'importe quoi"

"Si on peut ouvrir dix dimanches par an, je serais ravi", a-t-il ajouté en précisant qu'actuellement Auchan ouvrait cinq dimanches par an. La proposition de loi du député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié en faveur du travail dominical prévoit d'autoriser les magasins à ouvrir sous certaines conditions, dans les zones touristiques et les agglomérations de plus d'un million d'habitants (Paris, Lyon, Marseille, Lille). Elle pourrait exclure les grandes surfaces alimentaires.

"Ce que je réclame, c'est de l'équité dans le traitement, que de petites surfaces soient ouvertes le dimanche ne me gêne pas mais que de plus grandes surfaces soient autorisés à ouvrir me gêne plus", a indiqué le directeur général du groupe de distribution. "Le législateur doit être cohérent et dire ce qu'il autorise ou pas; je crois qu'il faut des règles claires, soit permettre l'ouverture à tous, soit à personne", a ajouté Philippe Baroukh. Et de souligner qu'à ce niveau actuellement, "il se passe n'importe quoi", certains supermarchés étant ouverts sept jours sur sept.

Discrimination

Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, a prévenu qu'un assouplissement du travail dominical ne devait pas aboutir à une solution "discriminatoire", alors que le texte à l'étude pourrait exclure les enseignes alimentaires.

"On ne veut pas de solution discriminatoire", a prévenu Jérôme Bédier sur RTL. "S'il y a des assouplissements, il faut que cela concerne l'ensemble des magasins", a ajouté M. Bédier.

"Nous constatons que dans beaucoup de pays au monde, les magasins sont ouverts le dimanche et cela se passe très bien", a-t-il soutenu.