Obama va reconduire Bernanke à la tête de la Fed

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Le président américain Barack Obama va reconduire ce mardi Ben Bernanke dans ses fonctions de président de la Réserve fédérale (Fed), pour un deuxième mandat, a indiqué un responsable gouvernemental sous le couvert de l'anonymat.

Le président Obama, actuellement en vacances sur l'île de Martha's Vieneyard (Massachusetts, nord-est), doit en faire l'annonce à 13h GMT, avant l'ouverture de la Bourse américaine, a précisé ce responsable.

Ben Bernanke, a pris en février 2006 la tête de la Banque centrale américaine, après avoir été nommé fin 2005 par George W. Bush, prédecesseur de Barack Obama, pour succéder à Alan Greenspan, resté 18 ans à ce poste.

Il a été ces derniers mois un des artisans des mesures prises pour éviter aux Etats-Unis l'écroulement financier, face à la pire crise mondiale depuis la Grande dépression des années 30.

Ben Bernanke bénéficie d'un

large soutien de la part de Wall Street
qui a apprécié ses méthodes radicales et parfois non-orthodoxes destinées à sauver le secteur bancaire, réformer le secteur financier et éviter à la récession de se transformer en dépression. La décision présidentielle pourrait d'ailleurs être destinée à envoyer un signal de continuité et à rassurer les marchés financiers.

Révolution

La face la plus évidente de la "révolution" de Bernanke à la Fed est la politique de sauvetage d'institutions financières et de relance monétaire sans précédent mise en oeuvre au plus fort de la crise.

Mais en douceur, ce barbu de 55 ans, posé, discret et bonhomme que tout ou presque oppose à son prédécesseur, a profondément bouleversé les habitudes à la banque centrale, en refusant d'abord de tomber dans le "culte" dont faisait l'objet M. Greenspan -dont les propos sybillins pouvaient faire vaciller ou flamber les marchés-, et en amenant la Fed à communiquer énormément sur ses actions et ses attentes.

Sa vie

Fils d'un pharmacien et d'une institutrice ayant grandi à Dillon, petite ville de Caroline du Sud (Sud-Est des Etats-Unis), Ben Shalom Bernanke, a échappé à un destin qui semblait tout tracé après qu'un de ses camarades d'école afro-américains un peu plus vieux que lui eut convaincu ses parents de le laisser le rejoindre à Harvard.

Après des études brillantes dans cette université renommée vint le doctorat en économie de l'Institut technologique du Massachusetts (MIT) et les années d'enseignement à la célèbre université de Princeton, dont il a présidé le département économique de 1996 à 2002.

Nommé gouverneur à la Fed, en 2002, il quittera son poste en 2005 pour présider le groupe des conseillers économiques du président George Bush, avant que celui-ci le nomme à la tête de la banque centrale pour un mandat de quatre ans.

Ben l'Hélicoptère

M. Bernanke, qui a raconté récemment avoir rencontré sa femme Anna lors d'un rendez-vous surprise, s'est vu surnommer "Ben l'Hélicoptère" après un discours prononcé en novembre 2002, peu après son arrivée au Conseil des gouverneurs de la Fed.

Dans cette allocution intitulé "Déflation: s'assurer que cela n'arrive pas ici", il faisait référence à une théorie de l'économiste Milton Friedman selon laquelle les autorités monétaires peuvent sortir un pays d'une "trappe à liquidités" (quand les taux d'intérêts sont à zéro et ne peuvent plus stimuler l'économie) en donnant de l'argent directement aux entreprises ou aux consommateurs.

Soutiens et oppositions

Le secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, a indiqué au Wall Street Journal que M. Obama allait reconduire M. Bernanke parce qu'il lui attribue "le fait d'avoir éloigné l'économie du gouffre de la dépression".

La reconduction de Bernanke nécessite l'aval du Sénat. Pour autant, elle pourrait susciter une certaine opposition au Congrès.