Ces métiers qui n'ont pas la cote

Propos recueillis par Guillaume Guichard

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E24-Quels sont les métiers les moins populaires en France?

Frédéric Michel-Nous observons surtout une très forte dégradation de l'image de marque des métiers de la banque (-9 points, à 58% de mauvaises opinions), de la finance et de l'assurance (-3 points, à 42%).

Le choc de la crise économique a été très brutal sur ces professions qui n'avaient déjà pas la cote. Les Français ont tendance à leur imputer la responsabilité de la crise. Ils ont le sentiment que ces professionnels ont fait des erreurs, sont incompétents et cupides.

Comment ces professions peuvent-elles redresser leur image?

Il est très difficile d'agir dans ce domaine: la perception d'une image échappe à ceux qui l'émettent. C'est un problème de communication. Ces métiers doivent insister sur le fait que les pratiques ont été assainies, que les acteurs qui ont failli ont été épurés par la crise.

Le banquier français aura du reste plus de mal à redresser son image que son collègue Anglo-saxon. Certes, ce dernier essuie en ce moment une dégradation encore plus forte de son image parce que la crise est ressentie de façon plus aigue au Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Mais sa cote devrait aussi remonter plus rapidement: les Anglo-saxons, au contraire des Français, ne rejettent pas en bloc le capitalisme et les métiers qui rapportent beaucoup d'argent.

Quels métiers tirent leur épingle du jeu?

Nous observons un attrait très fort depuis quelques mois pour le secteur des énergies nouvelles et renouvelables. L'éolien, le solaire attirent beaucoup les jeunes ingénieurs, en résonnance avec la montée en puissance des préoccupations environnementales. Ces métiers sont jugés très gratifiants et remplacent chez les diplômés l'aspiration des dernières années pour l'humanitaire.

Et puis, c'est un des rares secteurs qui embauchent en ce moment, notamment grâce à la politique de croissance verte. Supplément d'âme et offres d'emplois... La combinaison idéale, en quelques sortes.