Poutine au supermarché

D.H. avec AFP

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Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a ordonné à la direction médusée d'un supermarché où il effectuait une visite surprise de baisser leurs prix, rapportait la presse russe jeudi 25 juin. Déambulant dans les allées avec des responsables de la chaîne de supermarchés Perekrestok, Vladimir Poutine s'est figé devant un paquet de saucisses.

Saucisses trop chères

"Pourquoi ces saucisses coûtent-elles 240 roubles (7,5 dollars) ? C'est normal ça ?", a-t-il lancé, d'après le quotidien Kommersant. "Mais ce sont des saucisses de haute qualité !" s'est défendu Iouri Kobaladzé, le directeur des relations commerciales du groupe X5 Retail propriétaire, de la chaîne de supermarchés, "Regardez celles-ci, elles ne coûtent que 49 roubles." "C'est très cher", rétorque le Premier ministre russe. "Non..." ose Kobaladzé. "Je peux vous montrer votre marge", poursuit Vladimir Poutine, brandissant un papier. "Regardez cette sorte de saucisson, la marge est de 52%", s'est-il emporté.

Baisse dès le lendemain

Au rayon viande, le Premier ministre s'est lancé dans une nouvelle tirade contre les tarifs du supermarché, estimant que le prix de la viande de porc était deux fois trop élevé. "C'est le double de la normale. Vous trouvez ça normal vous ? C'est très cher !", a-t-il lancé à Iouri Kobaladzé, qui cède finalement en promettant "de baisser les prix dès demain" vendredi, rapporte Interfax.

Après le ciment

Tout juste avant cette sortie, Vladimir Poutine avait appelé, lors d'une réunion au gouvernement, à un meilleur équilibre des prix entre producteurs, distributeurs et consommateurs au nom de "l'équité sociale", alors que la Russie se débat en pleine crise économique. Son escapade dans les rayons du supermarché intervient quelques semaines après le voyage très théâtral de Vladimir Poutine dans une petite ville de la région de Saint-Pétersbourg victime de l'arrêt de sa fabrique de ciment à cause de la crise. Il avait alors grondé et tancé, devant les caméras, l'oligarque Oleg Deripaska, propriétaire de l'usine, lui lançant notamment un stylo pour qu'il signe un contrat.