Pernod Ricard, numéro 2 , va mieux que Diageo, numéro 1

Guillaume Guichard

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Dans le monde des spiritueux, le numéro deux se porte mieux que le numéro un. Le français Pernod Ricard a réaffirmé ses objectifs pour l'exercice 2008/2009, soit une croissance à deux chiffres de son bénéfice net. L'Anglais Diageo a, lui, revu à la baisse ses perspectives de résultats. Il table sur une croissance de 4% à 6% de son bénéfice opérationnel, contre 7% à 9% initialement annoncés.

Diageo a également annoncé un plan de restructuration qui devrait lui coûter 200 millions de livres. De son côté, Pernod Ricard tire pleinement profit des synergies issues du rachat du suédois Vin & Sprit, détenteur de la "pépite" Absolut, une marque de vodka très reconnue.

Dans un contexte de crise économique, Pernod Ricard résiste mieux que son concurrent. Pour les deux groupes, les augmentations de prix passées ont représenté en 2008 5% de hausse du chiffre d'affaires. Mais quand les volumes de Diageo affichent un repli de 2% sur la période, ceux de Pernod Ricard progressent encore de 1%. Le français semble aussi avoir mieux négocié sa montée en gamme. "Les 14 marques stratégiques (hors Absolut) progressent de 1% en volume et de 6% en valeur, reflétant l’impact très positif de la montée en gamme et des hausses de prix", explique le groupe dans un communiqué.

Diageo a été pénalisé, entre autre, par la répartition de son chiffre d'affaires en Europe. Le groupe anglais y a vu ses ventes décliner de 5% en volume et de 3% en valeur. La faute à l'Espagne et à un marché de la bière déprimé, explique-t-il.

Pernod Ricard a pour sa part vu ses ventes bondir de 19% sur le vieux continent (hors France) au premier semestre 2008/2009, à 1,49 milliard d'euros. Une croissance surtout "assurée par l'Europe de l'Est (Russie, Pologne, Roumanie,…) et par de bonnes progressions en Allemagne et en Suède", précise le groupe. Et d'ajouter que "l’apport d’Absolut et des activités de Vin & Sprit dans les pays nordiques ont permis la forte progression globale du résultat opérationnel courant".

Car, si Pernod Ricard s'en sort aussi bien, c'est surtout parce qu'il a facilement digéré Vin & Sprit consolidé depuis le 23 juillet 2008. Les activités du groupe scandinave "ont généré sur cinq mois et sept jours 164 millions d'euros au niveau du résultat opérationnel", s'est félicité le groupe. Un atout qui devrait aussi permettre au français de mieux traverser la crise, selon les analystes de Credit Suisse: "cette acquisition permettra au groupe d'atteindre son objectif de croissance à deux chiffres de son bénéfice net" sur l'exercice clos 2008/2009. Une perspective que salue la Bourse, le titre Pernod Ricard affichant la plus forte hausse à la Bourse de Paris.