Wild Turkey, un bourbon à fort potentiel

Anne-Sophie Galliano

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Pour assurer son financement, Pernod Ricard a annoncé la vente de Wild Turkey, pour 433 millions d'euros. Ce bourbon, qu'il avait acquis en 1981, "ne faisait plus partie des marques clés du groupe", indique Pierre Pringuet, directeur général de Pernod Ricard. Pourtant, lors de la présentation de ses résultats semestriels en février dernier, Pernod Ricard notait sur la zone Amériques "la forte croissance de marques clés comme Jameson, The Glenlivet, et Wild Turkey".

Pierre Pringuet avoue que cette marque enregistre "une croissance à deux chiffres". Mais Pernod Ricard, avec un endettement de plus de 11 milliards d'euros et la nécessité de céder pour un milliard d'euros de marques, n'avait pas le choix. Même si c'était "une marque importante". Parce qu'in fine, le bourbon ne fait pas partie du Top 15, celles qui assurent le cash du groupe. Et sur la zone Amériques le co-leader des vins et spiritueux mise sur les whiskies Jameson ou encore la vodka Absolut "marques plus attractives" et parmi les 15 marques stratégiques.

Le sacrifice de Wild Turkey s'explique aussi par la consommation des américains qui préfèrent les whiskies et la tequila au Bourbon. Toutefois, positionné en haut de gamme, la marque marche bien dans le reste de l'Amérique et en Australie et au Japon, ses deux marchés phares. Pernod Ricard garde la distribution de la marque pendant trois ans dans ces deux pays. Une bonne affaire malgré tout.