L'anis, produit franco-français

Anne-Sophie Galliano

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Pastis ou Ricard? Dès les premiers rayons de soleil les deux marques s'affolent. L'été, c'est la majorité de leur vente. Enfin, pour peu qu'il fasse vraiment beau. Ce qui n'a pas été le cas l'année dernière. Ricard, du coup, affiché un résultat pour 2007/2008 en baisse de 3% en volume et de 1% en termes de chiffre d'affaires.

Pour le Pastis 51, aucun chiffre n'est disponible. Mais, au même titre que Ricard la marque a du souffrir sur un marché de l'anisé, très saisonnier et finalement franco-français.

En effet, pour l'anis, les débouchés ne sont pas nombreux, à part quelques pays francophones, comme la Suisse (partie de langue française) ou la Belgique, l'anis n'a pas franchement la cote. "Les chinois trouvent que cela a un goût de médicament, et certains pays n'ont pas une eau suffisamment pure en goût ou tout simplement pas potable pour se faire un pastis", explique un observateur.

Deux marques pour un seul marché, en recul depuis quelques années, ça peut sembler être trop. Choisir l'une des deux marques ne serait, en théorie, pas très difficile. Ricard est la seule marque d'anisée qui fait partie des marques stratégiques du groupe Pernod-Ricard (au nombre de 14). La marque est le leader français avec 37,3% de parts de marché volume et le leader mondial de l'anisé. Sur l'exercice 2006/2007, Ricard a vendu 52 millions de litres, précise la société sur son site.

Un tel choix n'est toutefois que pure fiction. Car tuer le Pastis 51 c'est risquer un tollé à Marseille et dans le sud en général où les habitants ne jurent que par que cette marque. Alors le Pastis 51 peut se rassurer, il survivra aussi à la crise économique mondiale. D'ailleurs, pour fêter ça, il vient de faire peau neuve avec un nouveau design. A temps pour cet été.