SNCF: 350 millions d'euros de pertes pour Fret

E24 avec AFP

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Fret SNCF doit "absolument" combler le "différentiel de compétitivité" face à la route et à ses concurrents sur le rail. La branche transport de marchandises de la SNCF affichera en effet une perte "d'environ 350 millions d'euros" en 2008 pour un chiffre d'affaires de 1,6 milliards d'euros, a annoncé Pierre Blayau, le patron de l'activité fret. Il a souligné que l'activité de "wagon isolé" est d'un prix de revient 1,5 à 2 fois supérieur à la route, dans une interview à Transport Info Hebdo à paraître vendredi 27 février. Cette activité, qui permet à une entreprise de n'affréter qu'un seul wagon, "ne représente que 35% des trafics, mais génère 70% des pertes de Fret SNCF", a-t-il déclaré.

Pour faire face à cette situation, le plan Swing visant à moderniser cette activité continue "avec l'objectif de réduire les pertes de façon significative à l'horizon 2011/2012", a indiqué Pierre Blayau. Mais la baisse des volumes de trafic de 30% par rapport aux prévisions aura "des conséquences sur les comptes d'exploitation de 2009", a-t-il poursuivi. Il ajoute que par rapport à la route, la compétitivité du "train massif" est "avérée" et ajoute que le combiné rail-route a "un énorme potentiel de compétitivité".

Pierre Blayau évoque aussi "le différentiel d'organisation du travail entre les autres opérateurs ferroviaires et la SNCF qui coûte entre 25 et 30% de compétitivité relative sur le train massif". En d'autres termes, les conditions salariales des cheminots doivent être révisées. Et cet écart devrait être comblé "par la négociation" et "une des voies qui existe sans toucher au statut du cheminot" est de "créer des filiales spécialisées ou d'utiliser les dérogations autorisées", pour être "plus souple, plus réactif", dit-il.

De son côté, la CGT-cheminot a mis en cause "la réelle volonté politique de développer le fret ferroviaire en général". Selon le syndicat, la part du fret dans le transport de marchandises en France a encore baissé, passant de 14% à 11,4%" entre 2003 et 2007. En 2000, elle était de 20,6%.

Les raisons de ce déclin? Pour la CGT cheminots, c'est la faite à "la politique de marge" de la direction, qui veut se concentrer sur des trafics rentables. La CGT préconise au contraire "une politique de volume" et de "développer l'activité wagons isolés".