2010 peut être l'année d'une reprise "modérée"

J.B. avec AFP

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L'année 2010 "peut être l'année d'une reprise modérée" si la confiance revient dans les marchés et l'économie, a estimé mercredi 18 mars le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet. Il avait déjà fait part d'un sentiment similaire le 9 mars dernier. "Comme mon collègue Ben Bernanke, je pense que 2009 sera très très difficile" et "nous sommes dans une période qui demeure très incertaine", a déclaré Jean-Claude Trichet, interrogé sur Europe 1.

En revanche, "il y a un accord assez général de toutes les institutions publiques ou privées pour penser que 2010 peut être l'année de la reprise modérée de la croissance", a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agissait du "courant de 2010". "Mais ce n'est pas acquis d'avance, cela dépend de la manière dont les autorités mais aussi nos concitoyens et les entreprises vont retrouver la confiance", a-t-il nuancé. "Je ne suis pas un oracle et j'insiste sur le fait que l'important aujourd'hui c'est de retrouver la confiance", a-t-il insisté.

Jean-Claude Trichet a souligné que la BCE avait pris "beaucoup de mesures très importantes non conventionnelles" pour lutter contre la crise depuis son intensification à la mi-septembre et qu'elle étudie "en ce moment s'il y a lieu de prendre des mesures complémentaires (...) qui seront différentes". Il a ainsi rappelé que la BCE a "prêté des liquidités sans aucune limite à taux fixe à toutes les banques commerciales de la zone euro" et avec des garanties que "nous avons considérablement élargies", ce qui fait que le bilan de l'Eurosystème (BCE et banques nationales des pays membres) "a grossi de 600 milliards d'euros", soit "16% du produit intérieur brut" de la zone euro. "C'est quelque chose de colossal", a-t-il fait valoir.

La BCE a également fortement abaissé ses taux directeurs, de 275 points de base au total, "parce que les pressions inflationnistes diminuaient substantiellement", et ils se trouvent actuellement à 1,5%. "Aujourd'hui les taux interbancaires à six mois et un an sur l'euro sont inférieurs aux taux interbancaires sur le marché à New York", a-t-il noté.

L'interview de Jean-Claude Trichet, mercredi 18 mars, sur Europe 1