IBM marque le pas, mais confirme ses objectifs

Jocelyn Jovène

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IBM pâtine un peu, mais garde le cap. Au cours du premier trimestre, le bénéfice net du constructeur informatique a réculé de 1% à 2,3 milliards de dollars. Malgré la crise, le groupe d'Armonk, qui vient de louper l'acquisition de Sun Microsystems, maintient ses prévisions pour 2009 et au-delà: un bénéfice par action supérieur à 9,2 dollars cette année et compris entre 10 et 11 dollars en 2010.

"IBM a continué d'enregistrer de bons résultats dans une conjoncture économique difficile. Cela s'explique par nos objectifs stratégiques de long-terme: aller vers les services et les logiciels, sortir des activités sans réelle valeur ajoutée ("commoditiy businesses") et créer des solutions qui aident les clients à réduire leurs coûts", explique Sam Palmisano, le PDG du groupe dans un communiqué de presse.

Cette stratégie a néanmoins buté sur l'acquisition de Sun Microsystems, qui aurait permis au géant d'Armonk de se renforcer à la fois dans le matériel informatique et dans les logiciels. L'échec des discussions entre les deux parties a permis à Oracle de prendre la place d'IBM et d'annoncer le rachat de Sun pour 5,6 milliards de dollars (7,4 milliards en incluant le cash et les dettes de la société).

Et la récession de l'économie mondiale pèse malgré tout sur les performances de "Big Blue". Son chiffre d'affaires a reculé de 11% à 21,7 milliards de dollars, en grande partie à cause du plongeon des ventes de semi-conducteurs (IBM fabrique des composants électroniques pour son propre compte et pour celui de client tiers, en tant que fondeur). Les analystes tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires de 22,6 milliards de dollars pour le trimestre, selon l'agence Bloomberg.

Même dans les services informatiques, où IBM est leader mondial du marché, l'activité s'est contractée de 10% au cours du trimestre. Le groupe explique qu'hors effets de changes, l'activité dans les services n'a reculé que de 2%. Au 31 mars, le carnet de commandes d'IBM dans ce domaine atteignait 126 milliards de dollars, contre 130 milliards de dollars fin 2008.