Le rachat de Sun par Oracle invalidé?

E.M. avec AFP

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La Commission européenne est sur le point de soulever des objections à l'acquisition de Sun Microsystems, le propriétaire du langage de programmation Java, par l'éditeur de logiciels professionnels Oracle, première étape d'un blocage, croit savoir le Financial Times.

L'édition en ligne du quotidien britannique, citant des "observateurs à Bruxelles", affirmait mardi que les autorités européennes s'exprimeraient dans les jours qui viennent, à moins que l'une des parties en présence fasse des concessions.

En septembre la Commission avait indiqué que son enquête initiale soulevait "des doutes sérieux quant à la compatibilité (de cette acquisition) avec le marché unique, en raison de problèmes de concurrence sur le marché des bases de données".

L'opération, qui s'élève à 7,4 milliards de dollars, dette comprise, avait été approuvée à la mi-juillet par les actionnaires de Sun Microsystems, puis avait reçu l'aval de la justice américaine en août.

En cas de blocage européen, Oracle aurait le choix entre offrir des concessions, protester en justice, ou renoncer à l'opération. La dernière fois que les autorités européennes avaient bloqué une fusion aux Etats-Unis remonte à 2001, lorsque General Electric avait voulu racheter Honeywell, rappelle le Financial Times.

Convoité par IBM, Sun Microsystems, en difficulté, avait finalement annoncé fin avril un accord avec Oracle pour se faire racheter par ce dernier. Les deux groupes avaient assuré que la transaction serait bouclée pendant l'été.

Le mois dernier, Sun Microsystems avait annoncé la suppression de 3.000 emplois sur 12 mois, expliquant que c'était dû au retard pris par sa fusion avec Oracle. Le marché des bases de données est déjà très concentré, les trois principaux concurrents (Oracle, IBM et Microsoft) contrôlant approximativement 85% du marché en termes de recettes, selon la Commission.