Le taux du Livret A à 1,75% le 1er mai

D.H. avec AFP

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Le taux du Livret A sera ramené à 1,75% à partir du 1er mai, contre 2,5% actuellement, a annoncé vendredi 10 avril la ministre de l'Economie Christine Lagarde lors d'une conférence de presse sur la fiscalité locale à Bercy. "C'est très clairement un gain net pour les épargnants par rapport au taux d'inflation", a-t-elle ajouté.

Le taux du Livret A descend ainsi à un niveau jamais vu depuis sa création en 1818. La rémunération du Livret A avait atteint 2% entre août 2005 et février 2006, son plus bas niveau à ce jour. L'application du mode de calcul automatique défini par la loi aurait dû faire passer le taux de rémunération du Livret A à 1%, sur la base des derniers chiffres de l'inflation.

En optant pour un taux de rémunération de 1,75%, le ministre a suivi la recommandation formulée par le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer. Ce dernier fait observer que porter le taux à 1% pourrait "paraître un peu fort". "On peut considérer qu'il y aurait un risque de déstabilisation", "qui pourrait créer une inquiétude chez les épargnants", a-t-il ajouté. De ce fait, il lui "paraît possible de ne faire qu'une partie de la baisse". Le gouverneur de la Banque de France considère toutefois "qu’une baisse des taux du livret A (et de l’ensemble des taux réglementés) est nécessaire pour contribuer au soutien de l’économie française. Elle allégerait directement le coût du financement du logement social et des PME."

La baisse du taux de rémunération induira donc "une diminution des conditions d'emprunt pour les entreprises et pour les ménages" et permettra également de "contribuer au plan de relance" du gouvernement, selon Christine Lagarde. Cette contribution se traduira, selon Bercy, par l'amélioration des conditions de financement du logement social et des projets de grandes infrastructures dans le domaine des transports et de l'enseignement supérieur.

Parallèlement, pour la ministre, la fixation du taux du Livret A à 1,75% "préserve le pouvoir d'achat des épargnants et l'attractivité" de ce produit, qui a atteint, en mars, 0,3% sur un an. Christian Noyer a également fait valoir, à l'inverse, que ne pas baisser le taux reviendrait, selon lui, à "créer un obstacle artificiel en France à la répercussion de la baisse des taux de la BCE (Banque centrale européenne) sur le taux des crédits".