L'assurance française a vu ses profits fondre de 18,5% en 2008

J. Bx avec AFP

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L'année 2008 "a été exceptionnelle, dans le mauvais sens du terme". C'est ainsi que Philippe Jurgensen, président de l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (Acam), a résumé l'exercice écoulé. Pourtant, si les indicateurs financiers ont viré au rouge, les assureurs français ont au moins un enseignement positif à retenir: ils ont résisté.

Les bénéfices du secteur ont certes dévissé de 18,5%, mais la profession est restée largement bénéficiaire, à hauteur de 11,8 milliards d'euros. Par ailleurs, le chiffre d'affaires total n'a régressé que de 4%, le fort repli de l'assurance vie étant partiellement compensé par la hausse des primes en assurance dommages.

Malgré l'aggravation de la crise financière, la santé financière globale du secteur est restée satisfaisante. Fin 2008, la marge de solvabilité (montant de capital que doit détenir un assureur pour faire face aux événements imprévus) était ainsi couverte 1,8 fois par les fonds propres. Une situation qui "ne doit pas empêcher une nécessaire vigilance", a tempéré M. Jurgensen.

Plus de plus-values latentes

Alors qu'il pouvait encore compter sur un solide "matelas" de plus-values latentes de 110 milliards d'euros fin 2007, celui-ci a "disparu" avec l'effondrement des marchés actions, après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

En 2008, le secteur a poursuivi son mouvement de concentration, entamé depuis plusieurs années, le nombre d'organismes couverts passant de 2.378 à 2.211.

Sur l'ensemble de l'année, l'Acam a prononcé 6 sanctions et pris 18 mesures d'urgence ou de sauvegarde. Parmi les plus importantes, figurent notamment le placement sous administration provisoire, début décembre, de la Fédération mutualiste interdépartementale de la région parisienne (FMP).