L'Espagne choisit la rigueur

T.V avec AFP

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Les pays européens sont tous confrontés au même dilemme: faut-il adopter des budgets de rigueur au risque de casser une reprise fragile ou faut-il laisser les déficits et la dette filer quitte à enfoncer les règles européennes (Pacte de satibilité et de croissance) et à prendre le risque de voir la dette s'emballer.

Quand la France choisit de ne pas adopter de mesures de rigueur, l'Espagne a décidé de prendre des mesures impopulaires de hausse des prélèvements obligatoires et de réductions drastiques de la dépense publique.

Grevées depuis le début de la crise par la chute des recettes fiscales et par le coût des mesures de relance, les finances publiques espagnoles accusent un défit de 10% du PIB en 2009.

Le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero a choisi d'augmentater la pression fiscale d'environ 1% du produit intérieur brut (PIB) soit 11 milliards d'euros de recettes supplémentaires.

En présentant le projet de budget pour 2010, la ministre de l'Economie, Elena Salgado, annoncé que la TVA sera portée de 16% à 18%. Le gouvernement prévoit aussi de supprimer une déduction fiscale de 400 euros et d'augmenter la fiscalité des plus-values excédant 6.000 euros pour la porter de 18% à 21%. Enfin, les dépenses publiques devraient être réduites de 3,9% à données comparables par rapport à celles de 2009.

Budget solidaire ou punitif?

"Ceux qui possèdent le plus doivent apporter la contribution la plus importante", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. Le pouvoir socialiste, qui ne dispose que d'une majorité relative à la chambre basse, devra marchander des alliances pour le faire passer.

Les critiques ont été nombreuses depuis samedi. L'augmentation de la TVA n'entrera pas en vigueur avant juillet 2010, soit lorsque, selon les prévisions gouvernementales, l'Espagne connaîtra un début de reprise après une contraction estimée à 3,6% cette année.

Pratiquement toute la presse espagnole dénonçait dimanche une "punition" infligée par le gouvernement socialiste aux classes moyennes. "96% de la hausse des recettes tombera sur les épaules des classes moyennes et basses", dénonce le journal de droite El Mundo dans son éditorial, tandis que le quotidien El Pais affirme dans son éditorial qu'il est "discutable d'augmenter les impôts en période de profonde récession", mais que cela serait acceptable si le gouvernement expliquait clairement l'impact de la hausse sur l'activité économique.

L'austérité budgétaire pourrait être mal accueillie dans un pays qui enregistre une explosion du chômage de 18% , un record au sein de l'Union européenne.