Coût de la crise financière: 4.054 milliards de dollars

Delphine Halgand

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Le Fonds monétaire international a douché ce mardi 21 avril les espoirs d'une reprise rapide de l'économie mondiale. Selon l'institution, la reprise économique ne devrait pas survenir avant plusieurs années, ce qui confirme les prévisions de l'OFCE.

"L'expérience des crises passées montre qu'il faut plusieurs années pour remettre le système bancaire d'aplomb et revenir à un fonctionnement normal", explique le FMI dans son rapport sur la stabilité financière mondiale. Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer est plus optimiste en prévoyant une reprise dès 2010.

De l'été 2007 à 2010, "les pertes de valeur [subies par le système financier international] pourraient atteindre près de 4.000 milliards de dollars, montant qui pour les deux tiers concernerait les banques (soit 2.470 milliards)", estime le FMI. L'institution parvient au chiffre de 4.054 milliards de dollars en additionnant les pertes liées à des dépréciations d'actifs financiers américains (2.712 milliards), européens (1.193 milliards) et japonais (149 milliards).

Le FMI recommande de recapitaliser les institutions financières aux vues des "pertes encourues jusqu'à présent et des risques des dévalorisations futures". "Les injections de capital s'imposent non seulement pour compenser les pertes, mais aussi pour répondre aux exigences grandissantes des marchés du point de vue des ratios de fonds propres et des leviers financiers, vu l'incertitude qui pèse sur la valorisation des actifs et la qualité des fonds propres", explique l'institution.

Le FMI estime que pour retrouver le ratio de solvabilité d'avant la crise (4%), 275 milliards de dollars de capitaux devront être injectés dans les banques américaines, environ 375 milliards de dollars seront consacrés aux banques de la zone euro, près de 125 milliards de dollars iront aux établissements britanniques et environ 100 milliards de dollars devront être affectés dans les banques des autres économies matures d'Europe.

Pour retrouver un ratio de 6%, qui prévalait au milieu des années 1990, les injections de capital devront être encore plus importantes: 500 milliards de dollars en Amérique, 725 milliards dans la zone euro, 250 milliards au Royaume-Uni et 225 milliards dans les autres économies matures européennes. En d'autres termes, les banques ne sont pas sorties d'affaire.