Les éleveurs contestent l'accord sur le prix du lait

T.V avec AFP

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L'accord conclu, mercredi 3 juin au soir, entre éleveurs et industriels, sur le prix du lait n'apaise pas la colère des producteurs. Au sein de la FNSEA, seul représentant autorisé des éleveurs à la table des négociations, la section lait (la FDSEA) a dénoncé "un accord de dupe" et a demandé "une renégociation immédiate".

L'accord prévoit un prix moyen national de 280 euros les 1.000 litres. Les éleveurs réclamaient un prix autour de 300 euros alors que le prix payé en mai pour la livraison d'avril était de 210 euros les 1.000 litres. La dernière paie des éleveurs représentent une chute de 30% du prix sur un an. Elle s'explique par la forte baisse des cours mondiaux de la poudre de lait et du beurre qui a été repercutée sur les prix de livraison du lait pour la consommation domestique.

A perte

"Les 280EUR/1.000L dont on entend parler de Paris, ça ne nous convient pas du tout. Ca ne couvre pas nos coûts de production", s'est emporté Hervé Moël, responsable de la section lait au sein de la FDSEA des Côtes d'Armor. "Pour une exploitation avec un quota moyen de 280.000 litres, on estime la perte à 15.000 euros sur l'année. Au plan national, ça fait plus de 1,3 milliard d'euros de pertes. Alors, les 30 millions d'euros d'aide (annoncés par le ministre), c'est dérisoire", déplore le producteur.

L'accord de mercredi module les prix en fonction de l'activité de l'entreprise, les laiteries fabriquant surtout des produits industriels (poudre de lait, beurre) pouvant payer à 262 euros la tonne. "En Bretagne, on est nombreux à livrer à Entremont-Alliance", la laiterie qui paie le moins actuellement. "Pour nous, ce ne sera pas 280, mais 262 euros pour 1.000L. C'est inacceptable", a-t-il indiqué.

Pour le syndicat des jeunes agriculteurs (JA), proches de la FNSEA, ou encore la Confédération paysane, la critique est tout aussi dure. Cet accord "est scandaleux (...) C'est un accord hautement politique, voulu par le ministre (Michel Barnier, candidat aux élections européennes de dimanche), sans politique laitière pour gérer les excédents. Rien n'est résolu sur le fond", dénonce Yves Leperlier, producteur de lait dans la Manche et responsable de la commission lait à la Confédération paysanne.

Avancées sous contraintes

Dans cet accord, "il y a un accord cadre pluri-annuel. Il a au moins le mérite de donner de la visibilité aux producteurs et aux transformateurs", a tenté de tempérer Pascal Clément, président de la section laitière de la FNSEA en Bretagne et Pays-de-Loire. La FNPL a signé "contrainte et forcée, assure M. Clément. Il fallait trouver des éléments de stabilisation. Les pouvoir publics ont tout fait pour qu'il y ait un accord avant les élections de dimanche".