Le business sans fin de "Yes, we can"

Thibaud Vadjoux

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Avant même d’entrer à la Maison-Blanche, Barack Obama a réussi à soutenir la consommation américaine. Sans aucun milliard dépensé. Depuis le lancement de la campagne américaine, le président élu, a déclenché aux Etats-Unis l'achat en masse de gadgets et produits commerciaux sous l'effet de l'"Obama-mania". Aux traditionnels T-shirts, pin's, mugs, casquettes de baseball… sont venus s'ajouter bières, pizzas, sous-vêtements siglés "Obama", glaces "Yes Pecan ice cream" ou encore des poupées du Président élu portant le slogan "an action figure we can believe in" (une figurine dans la quelle nous pouvons faire confiance).

La vente de tous ces produits dérivés profite aussi bien au petit commerçant du quartier qu'à la grande multinationale. Pepsi a placardé sur les murs du métro de Washington des publicités reprenant les mots "hope" (espoir) et "optimism" (optimisme) avec le logo de la marque à la place de la lettre O. Ikea a également signé sa collection de meubles du slogan "Change Begins at Home" (Le changement commence chez soi).

Des marques reprenant les formules de la campagne ont même été déposées à l'organisme américain de protection des marques, l'USPTO ("United States Patent and Trademark Office"). Des slogans commerciaux employant le fameux "Yes, We Can" sont aussi désormais protégés par des "copyrights" au "US Copyright Office". La France n'est pas épargnée. A l'INPI, l'institut de la protection industrielle, la formule "Yes We Can" a été déposée pour être utilisée comme l'extension d'une marque d'une entreprise de production audiovisuel et d'une entreprise de vêtement.

Depuis l'élection d'Obama en tant que candidat démocrate à la présidence, le parti recueille une partie des recettes des produits dérivés via une seule entreprise. "Nous avons toujours cherché à trouver de l'argent de toutes les manières possibles pour la campagne afin de dépendre le moins possible des grosses donations et d'éviter au maximum les dons des entreprises, des syndicats et des lobbies", a justifié Linda Douglass, une porte parole du Comité de l'inauguration, dans la presse américaine.

Financial Innovations, une entreprise commerciale de Cranston dans l'Etat de Rhodes Island, détient théoriquement le droit exclusif de l'exploitation de l'image d'Obama. Le site dédié à l'inauguration permet de retrouver tous les produits officiels de la campagne, "tous fabriqués aux Etats-Unis" selon le vendeur. La société se félicite sur son site "d'être le vendeur officiel sous licence de toutes les campagnes du parti démocrate depuis 1980. Nous sommes fiers d'avoir été choisis par le Comité de l'inauguration comme le seul vendeur autorisé de l'investiture de 2009".

Il est donc clair que tout autre vendeur de produits dérivés se situe dans l'illégalité. Mais une certaine tolérance demeure. Le président élu bénéficie en effet d'une promotion gratuite et partage un message qui se veut universel. Mais cette situation pourrait changer une fois l'investiture passée. Selon le Washington Post, Gregory B. Craig, le futur conseillé du Président à la Maison-Blanche, pourrait prendre des mesures pour empêcher l'exploitation commerciale du nom d'Obama dans le futur. Il n’y a pas de petits profits.

Ci-dessous, en bonus, le clip de Will.i.am qui a été l'un des premiers à utiliser le slogan