Les entreprises françaises veulent profiter de la relance américaine

Julien Beauvieux

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Les entreprises françaises ont une carte à jouer en Amérique. En introduction du colloque "Plan de relance américain: des opportunités pour les entreprises françaises", organisé par UbiFrance, la ministre de l'économie Christine Lagarde a tenu à rassurer les entrepreneurs français sur leurs qualités exportatrices. "Les échanges entre la France et les Etats-Unis sont importants" et "les entreprises françaises ont parfaitement vocation à participer au plan de relance", a lancé la ministre.

Alors que les consommateurs sombrent dans l'attentisme de part et d'autre de l'Atlantique, les 787 milliards de dollars du plan de relance américain adopté en février dernier font en effet rêver plus d'une société à travers le monde. Selon les calculs de l'OCDE, ce stimulus économique représente 5,5% du PIB américain, contre comparativement moins de 1% pour les mesures adoptées par le gouvernement français. Un effort d'investissement pluriannuel qui s'étalera notamment en 2009 (20% des sommes) et en 2010 (50% des sommes).

Certes, ces dépenses visent avant tout à stimuler l'activité des entreprises américaines, ce qui s'est notamment traduit par la clause Buy American. Cette dernière prévoit de restrictions dans les achats en provenance de l'étranger. "Il faudra être attentifs aux détails" de mise en oeuvre du plan, prévient Jacques Beltran, le directeur des relations publiques d'Alstom. Mais l'effort est tel que, même restrientes, les retombées seront significatives.

Essentiellement centré sur des réductions d'impôts, qui totalisent 288 milliards de dollars pour les entreprises et les ménages et 144 milliards pour les Etats et les collectivités locales, ce programme prévoit tout de même 111 milliards pour les infrastructures et les transports ainsi que 43 milliards pour l'énergie. Deux domaines dans lesquels le savoir-faire français, particulièrement renommé à l'international pour son industrie nucléaire et ses trains à grande vitesse, pourrait tirer son épingle du jeu.

C'est ainsi qu'un nouveau réacteur nucléaire pourrait voir le jour dans l'Ohio, a rappelé le président de la filiale américaine d'Areva, Jacques Besnainou. De sont côté, Alstom lorgne en direction du nord-est des Etats-Unis, où une ligne à grande vitesse reliant Boston à Washington, en passant par New-York, un vieux projet remis plusieurs fois aux calendes grecques, pourrait revenir sur le devant de la scène. D'autres projets sont à l'étude, avec à la clef des milliards de dollars de gains.

Les champions nationaux ne sont pas seuls. Derrière ces groupes qui "font (déjà) 15% de leur chiffre d'affaires aux Etats-Unis", d'autres entreprises françaises de plus petites tailles souhaiteraient également prendre une part du gâteau, rappelle Serge Bellanger, le président de la chambre de commerce franco-américaine. "Les PME perçoivent le marché américain comme un marché de grandes entreprises", déplore-t-il. D'où l'idée d'UbiFrance d'organiser des rencontres d'acheteurs aux quatre coins des Etats-Unis afin de mettre en contact de plus petites structures avec les donneurs d'ordres américains.

Ces missions ne concerneront pas seulement les dépenses d'infrastructures et d'énergie, en marge desquels UbiFrance participera à des rencontres dans le nucléaire en novembre 2009 et dans la grande vitesse ferroviaire en juin 2010. Elles aborderont également les secteurs de la recherche biomédicale, de la modernisation du système de santé, des biotechnologies, de la chimie verte ou encore de la construction durable. Autant de secteurs dans lesquels les jeunes pousses françaises pourront faire valoir leur innovation.