Le plan de relance américain soutient la consommation

T.V avec AFP

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Les premiers effets du plan de relance budgétaire américain, promulgué en février, commencent à se faire sentir pour les consommateurs. Selon les chiffres publiés vendredi par le département du Commerce à Washington, la consommation des Américains a progressé en mai pour la première fois en trois mois, de 0,3% par rapport au mois précédent, ce qui est conforme au pronostic des analystes. Le plan de relance promulgué en février mobilise 787 milliards de dollars sur trois ans sous la forme d'investissement dans les chantiers publics et de réductions d'impôt.

Les consommateurs ont profité du coup de pouce du plan de relance budgétaire: leurs revenus ont augmenté de 1,4% en mai. C'est leur plus forte hausse depuis un an, au moment où un premier plan de relance voté sous la présidence de George Bush, se faisait sentir. Sans l'aide du gouvernement, les revenus des Américains n'auraient augmenté que de 0,2%, fait remarquer Paul Ferley, économiste de RBC Economics Research.

Fuite de l'épargne

Mais les chiffres du ministère montrent aussi que les ménages restent prudents et mettent de côté une bonne part des fonds qu'ils reçoivent de l'Etat. Leur taux d'épargne (rapporté à leur revenu disponible) a bondi de 1,3 point pour atteindre 6,9%, du jamais vu depuis décembre 1993. Le total de l'épargne des ménages américains atteignait ainsi 768,8 milliards de dollars fin mai, un montant record dans les annales de cette statistique publiée depuis janvier 1959, indique le ministère.

La consommation des ménages est essentielle pour l'économie américaine. En temps normal, elle assure plus des deux tiers de la croissance du pays, mais elle a été très affectée depuis le début de la crise déclenchée par l'explosion de la bulle des produits immobiliers à risques à l'été 2007.

Jugeant que les résultats du plan de relance n'étaient pas encore palpables, M. Obama a estimé mardi que le pays n'avait pas besoin pour le moment d'un nouveau plan de soutien à l'économie. Avec un retour de la confiance, les ménages pourraient puiser dans leur nouvelle épargne pour consommer et il faut généralement plusieurs mois pour voir les effets des crédits d'impôts. Barack Obama préfère attendre.

Soutenue par des mesures de relance budgétaire au printemps 2008, la consommation s'est effondrée comme jamais depuis le début des années 1980 au second semestre de 2008, entraînant le PIB du pays dans sa chute. Au premier trimestre, elle a connu une hausse fragile de 1,4% en rythme annuel, mais les analystes pensent qu'elle devrait au mieux être stable au deuxième trimestre.