Les bleus perdent... de l'argent

Catherine Vincent

— 

Pour tenter d'éviter les matches de barrage, l'équipe de France doit gagner ce soir le match contre la Serbie.

L'enjeu sportif est de taille dans la mesure où, après le match nul concédé samedi 5 septembre dernier au Stade de France à la Roumanie (1-1), la France est 2e du groupe 7, avec 14 points, derrière la Serbie (18). A ce stade, elle semble condamnée à jouer les barrages pour espérer se qualifier pour le Mondial sud-africain. Sinon, la France se doit de réaliser un parcours sans faute pour terminer première du groupe et être qualifiée d'office pour la Coupe du Monde sans passer par les matches de barrage. Il faut aussi que la Serbie trébuche contre la Lituanie ou la Roumanie…

Enjeu financier

L'enjeu financier est aussi considérable pour les joueurs de l'équipe de France rémunérés à la prime, un système censé motiver les troupes. S'ils se qualifient pour la Coupe du Monde organisée en 2010 en Afrique du Sud, les joueurs ayant participé à au moins un match éliminatoire toucheront 150.000 euros. En cas de participation à la Coupe du monde, les 23 joueurs ayant joué le plus grand nombre de matches empocheront la totalité de la prime, les autres bénéficieront d'une somme calculée au prorata du nombre de matches disputés.

Noël le Graët, vice président de la Fédération Française de football (FFF) en charge des finances a expliqué à l'AFP que ce montant "correspond au cumul entre les primes de participation et les primes de qualification. En cas de non-qualification pour le Mondial-2010, cette prime sera ainsi diminuée de moitié“.

75.000 euros

Rassurez-vous, ils toucheront donc 75.000 euros s'ils ne se qualifient pas! Mais restons optimistes. D'autant que 230.000 euros sont déjà passés sous le nez des joueurs. Cette somme leur aurait été due s'ils avaient remporté les huit matches de sélection, ce qui n'a pas été le cas.

Ils peuvent encore se rattraper: si l'équipe de France gagne la Coupe du Monde, chaque joueur repartira avec 240.000 euros qui s'ajoutent naturellement aux sommes précitées. Car le système de carotte se poursuit après le début de la Coupe du Monde si l'équipe est qualifiée mais seulement à partir des quart de finale. Rien avant.

Domenech, le salarié

Pour le sélectionneur de l’équipe de France, Raymond Domenech, la prime de qualification sera doublée par rapport à celles des joueurs. Il gagnera donc 300.000 euros, selon les chiffres non officiels qui circulent dans la presse spécialisée. Rien en revanche sur ce qu'il percevra en cas de victoire. S'il est toujours là.

Toutes ces primes sont versées par la Fédération Française de Football (FFF) qui rétribue également les clubs mettant des joueurs à la disposition de l'équipe de France. Ce système est en place depuis l'Euro-2008, a expliqué à E24 un spécialiste du football. En fait, la Fédération ne verse pas de salaire aux joueurs de l'équipe de France mais prend en charge leur salaire au prorata du nombre de jours où ils ne sont pas dans leur club pour cause d'entraînement ou de matches de l'équipe de France. Ce système évite auxdits clubs de supporter la charge financière des joueurs pendant leur absence.

Raymond Domenech est, lui, salarié de la Fédération Française de Football en contrat à durée déterminée selon les dispositions spécifiques au football professionnel. Il a lui-même publiquement annoncé son salaire le 22 mars 2009 dans Téléfoot sur TF1: 40.000 euros bruts par mois sur 14 mois (560.000 euros annuels) auxquels il convient d'ajouter les primes de matches. Il perçoit donc 30.000 euros supplémentaires pour toute victoire et 15.000 en cas de nul. Rien en cas de défaite. Il aurait en outre un pourcentage des sommes versées à la Fédération par les partenaires commerciaux de l'équipe de France.

Mais cela reste flou car dès que l'on parle d'argent, la FFF, dont le budget demeure secret, est peu prolixe. D'autant qu'ils sont tous à Belgrade pour le match de ce soir. Nous n'avons donc pas réussi à les joindre.

Mais si les sommes citées paraissent importantes, elles sont dérisoires par rapport à ce que gagnent les joueurs dans leur club. C'est normal, être en équipe de France, c'est prestigieux. Même aux yeux des publicitaires...